Voici la contribution au débat sur l'identité nationale que je n'ai pas pu poster en entier sur le site Internet dédié à ce débat (nombre de caractères limité).
Eric Besson, Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, a lancé le débat sur l'identité nationale le 2 novembre 2009 dernier. L’organisation de ce débat est une demande du Président de la République, dans la lettre de mission adressée à Eric Besson, le 31 mars 2009. Il a pour objectif « d’associer l’ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de 21ème siècle, "être Français" ».
J'apporte donc ici ma contribution, en tant que citoyen de ce pays que j'aime. En introduction, je souhaitais dire combien il est important de se positionner. Ne pas le faire, c'est refuser un débat qui touche chacun des citoyens de ce pays dans ce qui doit le structurer en tant qu'individu et aussi en tant que membre d'une société plurielle. La pluralité des approches fera le succès de ce débat et il serait dommage qu'une partie des acteurs de ce pays ne se prononcent pas, au nom de la démocratie et du débat d'idée.
L'identité nationale désigne « le sentiment que ressent une personne de faire partie d'une nation ». Un individu peut se déclarer français quand il est officiellement de nationalité française, mais aussi quand il partage des « points communs » avec les Français pour s'affilier à leur communauté. On se souvient du « Ich bin ein berliner » de Kennedy qui partageait et comprenait le sort des Berlinois. Le sentiment d'identité est intime à chaque personne et c'est pour cela que je vous livre ma vision :
Un peuple, une nation, se construit sur un territoire. Celui-ci, même s'il peut évoluer dans le temps, reste le terreau d'une identité. Ainsi, la France s'est construite au fur et à mesure de son histoire et des acteurs qui ont forgé une culture unique. La Révolution de 1789 est devenu un marqueur historique, politique, culturel et social dans notre société. Il convient que tous soient éduqués aux apports de cette période aux travers de l'école. L'Histoire est trop importante pour les générations futures pour qu'elle ne réitèrent pas les erreurs commises.
Un groupe s'identifie à des symboles construits par eux-mêmes pour se différencier d'un autre groupe. La France s'illustre aujourd'hui par des symboles connus et reconnus par tous : un drapeau (tricolore), un hymne (La Marseillaise), une devise, un emblème (le coq). Il est important de réaffirmer la place de ces symboles dans l'apprentissage de l'Histoire française, dès le plus jeune âge.
La France s'est aussi construite autour de symboles, dits culturels. Il s'agit de notre patrimoine historique (Notre-Dame, la Tour Eiffel, les châteaux de la Loire...) mais aussi gastronomique (le vin, le fromage, la baguette...) ou culturel et scientifique (Centre Pompidou, Cité des Sciences et de l'Industrie...). Il est important de sauvegarder cette identité issue de l'histoire régionale qui constitue l'histoire de la France. En effet, même si le débat porte sur le niveau national, il ne faut pas oublier toutes les composantes régionales qui ont toute leur place dans la construction d'une identité nationale.
Le triptyque républicain, Liberté, Egalité, Fraternité, doit être réaffirmé. Pour cela, chacun doit se prononcer sur ce qu'il entend derrière ces valeurs, et notamment les élus de la République. La devise de notre pays ne doit pas rester de simples mots, il faut engager des réformes et des politiques qui s'en inspirent.
Enfin, la nation s'identifie à sa langue, commune à tous. La langue française s'est affirmée dans tout le pays, suite à la volonté des rois (François 1er) et des révolutionnaires français (1789). La langue est un des ciments de l'identité. Il est essentiel que chaque français, mais aussi chaque candidat à la nationalité, sache comprendre et parler la langue de ses concitoyens.
J'ai utilisé le mot « nation » qui comprend l'idée de gouvernement. Les représentants du peuple sont garants de cette identité nationale qui régie l'ensemble des citoyens représentés. Les élus, notamment, ont le devoir de représenter dignement et de défendre l'identité française sur le territoire, comme à l'étranger. Cela ne veut pas dire qu'il doivent défendre la politique menée par tel ou tel gouvernement mais bien qu'il représentent notre Pays et portent ses valeurs là où ils vont. Dans cette image véhiculée à l'étranger, nous pourrions aussi ajouter ceux qui sont liés à la France, comme les artistes ou les sportifs.
La France dispose de principes uniques dans le monde et qui font sa force : la Sécurité sociale, la laïcité, les services publics, l'exception culturelle... Ces piliers de la société ne doivent pas être négligés pour la simple raison qu'ils conditionnent encore notre mode de vie et de pensée.
La Sécurité sociale, les services publics ou tout simplement le fonctionnement des institutions sont des éléments que chaque citoyen est en droit de connaître. Le fonctionnement de notre république est un enjeu pour chacun étant donnée que nous sommes appelés régulièrement à nous prononcer sur l'évolution de nos institutions et sur les politiques qui pourraient y être menées.
La laïcité régit notre mode de pensée vis-à-vis, surtout, des religions. « L'affaire du voile », ou dernièrement la réflexion autour du port de la burqa, nous incite à réaffirmer les principes de la laïcité dans la République. Cela passe, une fois encore, par l'éducation de tous au respect de toutes les religions et des croyants, sans en privilégier aucune. Plus d'un siècle après, le combat doit continuer pour placer la laïcité au coeur du triptyque de la République.
L'autre question importante, qui découle des premières, est celle de la nationalité. L'identité nationale s'adresse en premier lieu à ceux qui possèdent l'identité française, mais aussi à tous ceux qui souhaitent l'avoir.
Une personne est dite de nationalité française lorsqu'elle est régie pour ses droits civils par le code civil des Français et pour ses droits civiques ou politiques part la Constitution de République française. Pour être Français, ou pour le devenir, il faut donc accepter des devoirs pour jouir de droits.
Evidemment, un certain nombre de normes, de coutumes ou d'usages, souvent appelés culturels, ne sont pas explicitement formulés mais participent à la nationalité française. Tout ne doit pas être cadré, afin que chacun puisse vivre son identité librement, mais il faut être intransigeant sur le socle de notre société : la langue, les valeurs et le respect.
Pour conclure, je voulais revenir sur les polémiques lancées autour de ce débat. Il n'y a pas de « bon moment » pour parler de l'identité nationale. S'en saisir pour un calcul politicien serait malhonnête et déplacé. Après les violences de 2005 dans nos banlieue, suite aux affrontements lors de matchs sportifs... il est temps de réfléchir à ce qui nous rassemble, nos valeurs de fraternité, de liberté, d'égalité, de laïcité, dans le respect de chacun et de tous. Il ne faut pas éviter le débat car il met au coeur de nos préoccupation la société que nous voulons pour demain...