20 mai 2009
Israël - Iran : vers une troisième guerre mondiale ?
Israël-Iran Les risques et périls d'une attaque
La publication d'un texte aussi lucide, détaillé et exhaustif sur les options offensives d'Israël est une première. Ce rapport de 114 pages expose l'ensemble des informations disponibles sur les capacités militaires d'Israël et son programme nucléaire, ainsi que sur les développements nucléaires et les défenses aériennes de l'Iran, et sur l'inventaire des missiles dans chacun des deux pays. Après avoir passé en revue tous les cas de figure d'une attaque contre l'Iran, Toukan et Cordesman concluent : "Une offensive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes est possible, (mais) elle serait complexe et hautement risquée et rien ne garantit que la mission dans son ensemble se solde par un succès."
Le premier problème soulevé par les auteurs concerne les services secrets, ou plutôt leurs lacunes. D'après eux, "on ignore si l'Iran dispose d'installations secrètes d'enrichissement d'uranium". S'il existe des installations inconnues des agences de renseignement occidentales, le programme iranien d'enrichissement d'uranium pourrait bien s'y poursuivre en secret, alors même qu'Israël bombarderait les sites connus - l'opération serait donc nulle et non avenue. De manière générale, les auteurs du rapport estiment qu'une attaque contre l'Iran ne se justifie qu'à condition de mettre fin au programme nucléaire iranien ou de le stopper pour plusieurs années. Or c'est là un objectif difficile à atteindre.
Les services secrets sont également divisés sur la question cruciale de savoir quand l'Iran disposera de l'arme nucléaire. Les Israéliens affirment que la bombe sera prête entre 2009 et 2012 ; les Américains, eux, repoussent l'échéance à 2013. Si les prévisions des Israéliens sont justes, la fenêtre d'opportunité pour une intervention militaire ne tardera pas à se refermer. Quoi qu'il en soit, tout le monde est unanime sur le fait que nul n'osera attaquer l'Iran une fois qu'il sera en possession de l'arme nucléaire. Etant donné que des dizaines d'installations nucléaires sont éparpillées sur l'ensemble du vaste territoire iranien, et qu'il n'est pas possible de les attaquer toutes d'un coup, Toukan et Cordesman envisagent l'option consistant à n'en frapper que trois, celles qui "forment le maillon central de la chaîne du combustible nucléaire nécessaire à l'Iran pour produire du matériel fissile à des fins militaires". La destruction de ces trois sites-là suffirait à paralyser le programme nucléaire iranien pour plusieurs années. Il s'agit du centre de recherches nucléaires d'Ispahan, de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et de l'usine de production d'eau lourde d'Arak, destinée à la production d'uranium. Or il n'est pas sûr qu'Israël se lance dans une offensive aussi lourde de conséquences pour frapper seulement un petit nombre d'installations, sans aucune garantie d'interrompre ainsi la nucléarisation iranienne pour une durée significative.
L'étude analyse trois couloirs aériens possibles : le plus plausible passe par le nord ; il longe la frontière syro-turque et traverse le nord-est de l'Irak, avant de pénétrer en Iran. L'itinéraire central, qui survole la Jordanie, est plus court, mais il ne sera pas retenu, par crainte de problèmes politiques avec les Jordaniens. Le sud, via la Jordanie, l'Arabie saoudite et l'Irak, risque lui aussi de provoquer des conflits diplomatiques. Afin que ses appareils puissent faire route vers l'Iran sans être détectés, l'armée de l'air israélienne aurait recours à une technologie de pointe destinée à brouiller les réseaux de communication et les radars des pays survolés par les F15 et les F16. Selon les auteurs du rapport, l'aviation israélienne a déjà fait usage de cette technologie au cours des raids contre le réacteur nucléaire syrien de Deir ez-Zor en septembre 2007. Un dispositif de piratage a été installé sur deux avions Gulfstream G550 récemment acquis par Tsahal (l'armée israélienne).
Une intervention visant ces trois installations nucléaires nécessiterait pas moins de 90 avions de combat, à savoir les vingt-cinq F15E que compte la flotte israélienne et soixante-cinq F16IC. Il faudrait également réquisitionner tous les avions ravitailleurs, soit cinq KC130H et quatre B707, afin de réapprovisionner en vol les avions de combat à l'aller comme au retour. L'aviation israélienne aura bien du mal à localiser un couloir où les avions ravitailleurs pourront évoluer sans être repérés par les Syriens ou par les Turcs. L'une des principales difficultés tactiques tient au caractère souterrain du site de Natanz. Son usine d'enrichissement d'uranium, enfouie à une profondeur de 8 mètres, est protégée par un mur de béton de 2,5 mètres d'épaisseur, lui-même entouré par un autre mur de béton. En 2004, les Iraniens ont fortifié l'autre aile de l'installation, qui abrite des centrifugeuses : ils l'ont enterrée vingt-cinq mètres sous terre et recouverte d'une chape de béton armé de plusieurs mètres d'épaisseur.
Les Iraniens se servent de ces centrifugeuses pour produire l'uranium enrichi indispensable à la fabrication d'une bombe atomique. L'usine de Natanz compte déjà 6 000 centrifugeuses, et il est prévu d'en installer 50 000 au total, pour un rendement annuel de 500 kg d'uranium militaire. La fabrication d'une bombe requiert 15 à 20 kg d'uranium enrichi. Ainsi, Natanz sera en mesure de fournir suffisamment de matériel fissile pour produire 25 à 30 armes nucléaires par an. Vu l'importance de la centrale de Natanz, les Iraniens ont pris bien soin de l'entourer d'une solide protection. Afin de contourner ce rideau défensif, l'armée de l'air israélienne recourrait à deux types de bombes intelligentes de fabrication américaine. La presse internationale a laissé filtré que 600 de ces bombes - surnommées "bunker busters" (briseurs de bunkers) - auraient été vendues à Israël. Le premier modèle, le GBU-27, pèse près de 900 kg et peut défoncer une couche de béton de 2,4 mètres. L'autre, le GBU-28, pèse 2 268 kg : ce mastodonte traverse 6 m de béton plus une couche de terre de 30 m de profondeur. Mais, pour que ces obus atteignent les installations iraniennes ultraprotégées, les pilotes israéliens devront viser avec une précision absolue et à un angle optimal.
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05 novembre 2008
Il ne suffit pas d’être noir, métisse ou d’une quelconque minorité visible pour n’avoir que des qualités !
Je vous livre ici un texte intéressant de Zohra BITAN ( Présidente fondatrice du webdo www.ma6tvachanger.fr ) avec son point de vue sur le "succès" d'Obama.

Il ne suffit pas d’être noir, métisse ou d’une quelconque minorité visible pour n’avoir que des qualités !
En France, des sondages nous disent qu’Obama aurait le soutien de 82% des Français. C’est une bonne nouvelle pour notre pays, un progrès considérable pour ceux qui attendent encore d’être des citoyens tout court. Mais ne nous trompons, l’Amérique, c’est loin de chez nous, ce n’est pas chez nous et leur Président ne sera pas le nôtre.
Dans les 82%, voilà une bonne occasion pour un grand nombre, de se donner bonne conscience, de se convaincre de non racisme, de tolérance, d’ouverture d’esprit, d’être In en entrant enfin dans le 21ème siècle. Et de se dire : « Comment ? Moi raciste ? Jamais ! Je soutiens bien Obama, j’ai fait la fête pour Obama, je fais partie des fans clubs d’Obama, j’ai même mis sa photo sur mon blog, etc…
C’est gratuit, ça ne mange pas de pain et ça n’engage à rien.
Ce qui manque dans tout cela c’est le fond. Oui, au fond pourquoi tous ces Français soutiennent Obama et moi avec ?
Que savons-nous au juste de ce grand pays qu’on admire et qu’on déteste en même temps ?
Pas grand-chose ne ressort dans les conversations si ce n’est qu’Obama incarne le changement, la révolution des esprits, un pas de géant pour tous d’abord parce qu’il est noir, ou plutôt métisse et qu’il a gagné d’être candidat jusqu’ici car il n’est pas encore Président, rappelons le.
Du côté de la banlieue, c’est le même engouement mais pas tout à fait pour les mêmes raisons, même si dans les 82% bien sure, sont comptés tous les français ; banlieue comprise évidemment.
En banlieue, chez les jeunes, en particulier mais pas seulement, la ferveur du soutien se puise d’abord dans la ressemblance ; Obama est noir, c’est suffisant ; zéro défaut. Pas de réflexion, pas de tri, pas de fouille, pas de détail. Comme si tous ceux qui se plaignent sans cesse d’être discriminés sont incapables de regarder ou d’apprécier l’autre simplement pour ce qu’il est, pour ses actes, ses engagements et en dernier d’où il vient.
Ce qu’ils reprochent aux autres, c'est-à-dire la stigmatisation de prime abord, beaucoup l’appliquent eux aussi à d’autres qui ne leur « ressembleraient pas ». Je veux dire par là, l’autre qui serait qualifié de bourge, de cadre, de trop blanc etc.…
En fait, l’entre soi est plus fort que tout et règne partout.
Il nous faut apprendre de part et d’autre à porter des lunettes qui voient l’Autre comme une personne et non comme une appartenance à une origine, une classe sociale ou je ne sais quoi encore. Et c’est de chaque côté qu’il faut faire l’effort car sinon le problème de la discrimination restera éternelle, insoluble et continuera de diviser les citoyens et par conséquent tout un pays.
Fille d’immigrés algériens, je n’éprouve pas de proximité particulière avec une autre fille d’immigrés simplement parce qu’un bout de son histoire ressemble à la mienne. Ma vie croise des tas de différences que j’apprécie et qui m’ont permise d’empêcher toute étiquette liée à mon origine d’être collée à ma personne. La posture que l’on adopte prédispose bien souvent de la manière dont l’Autre nous voit. Je me suis appliquée cela et ça marche plutôt bien !
Obama est noir et on s’en fout ! S’il avait été un démocrate blanc, issu de la grande bourgeoisie américaine, je l’aurai soutenu tout autant. En France, ne fabriquons pas un symbole mais laissons émerger par le talent, les convictions, l'intelligence et l'intérêt pour notre pays, un ou une citoyenne que nous serons, je l'espère, 82% à soutenir. Et s'il ou elle est noir(e), arabe, issu(e) des imigrations successives, homos etc... ça ne changera rien ; seule les qualités de prédiser primeront.
09:10 Publié dans Engagement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, etats unis
31 octobre 2008
Obama peut-il perdre ?
Barack Obama aurait-il déjà gagner l’élection américaine ? C’est ce qu’on peut lire dans tous les médias depuis une semaine déjà. Or, qu’en est-il vraiment ? Dans une élection présidentielle, (a fortiori quand on est socialiste !!), il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer.
Aujourd’hui, 17 Etats semblent acquis pour Barack Obama, ce qui lui confère 211 grands électeurs. John Mc Cain, lui, remporterait la mise dans 19 Etats lui offrant seulement 143 grands électeurs.

Le système américain est particulier. L’Election Day (le mardi qui suit le premier lundi du mois de novembre), les électeurs américains sont invités à voter pour des représentants censés ensuite élire leur Président. Le scrutin se fait au suffrage indirect et chacun des 50 Etats élit un nombre de grands électeurs égal au nombre de ses Représentants et Sénateurs, soit un nombre total de 538 grands électeurs. A l’origine, le nombre de représentants est proportionnel à la population, c’est ainsi que l’Etat de Californie, le plus peuplé, dispose de 55 votes, alors que les huit Etats les moins peuplés n’en ont que 3 chacun.
Ensuite, le système du « winner takes all » s’impose dans 48 Etats (le Maine et le Nebraska attribuent leurs représentants à la proportionnelles) : le candidat arrivant en tête rafle la totalité des grands électeurs. C’est pourquoi aujourd’hui, nous pouvons a priori compter l’avance de chaque candidat.
Ce système brouille un peu les pistes. Un candidat peut gagner l’élection en remportant seulement 12 Etats sur 50 (bien entendu les 12 plus peuplés). Dans l’absolu, le futur Président peut aussi avoir remporté moins de voix populaires que son concurrent perdant. Sur le total des 50 Etats, Al Gore avait récolté 550 000 voix de plus que Georges Bush, mais celui-ci avait gagné dans l’Etat-clef de Floride.
Alors, aujourd’hui, les prévisions minimales donnent 211 grands électeurs à Obama et 143 à John Mac Cain. A ceux-là, il faut ajouter ceux qui pourraient les rejoindre selon les derniers sondages. Obama pourrait avoir 53 représentants en plus et Mac Cain 20. Même avec cette avance, Obama ne gagnerait pas puisqu’il arriverait à 264 grands électeurs, à 5 voix de la majorité absolue. Cependant, il peut arriver à devancer les républicains dans les 8 Etats indécis envoyant 111 représentants au Congrès.

Bien entendu, les démocrates ont une longueur d’avance… comme en 2000 et en 2004, où Georges W. Bush avait gagné sur le fil. Restons prudents, que feront les Américains dans l’isoloir ? Même si nous ressentons ici un vent favorable pour le Parti Démocrate, qu’en est-il aux Etats-Unis ? Et rappelons que l’élection se joue dans 50 Etats, autant de batailles à remporter…
08:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etats unis, obama, mc cain


