06 novembre 2009

La contraception en riant

L'INPES a lancé une campagne sur son site Internet pour la contraception. Je vous livre ici quelques dessins qui n'ont pas manqué de me faire sourire...

 

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20 septembre 2009

Retour sur la Fête de la Fraternité

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Comme près de 3000 personnes, je suis allé à Montpellier à la 2e Fête de la Fraternité. Départ en bus d'Angoulême samedi à 2 heures du matin, por une arrivée vers 10h30. Un logis, un parc ombragé, des stands "Désirs d'avenir", des associations ou artisans locaux qui vendent leurs produits... c'est dans la joie, la bonne humeur, la sérénité, la fraternité que s'est déroulée l'évènement. On retrouve des camarades d'autres fédérations, on fait la connaissance de nouvelles personnes, on écoute, on débat.

 

Tout d'abord, j'ai été agréablement surpris par la qualité des intervenants et des échanges participatifs de l'université populaire de l'après-midi sur le thème de l'éducation et de la recherche. C'est ma première université de ce type et je compte bien multiplié ces expériences.

 

Ensuite, dans le contexte de turbulence actuel, j'avoue  avoir attendu le discours de Ségolène Royal. J'en suis ressorti remotivé et prêt pour faire avancer nos idées au Parti socialiste et au-delà. Dans son allocution,

- elle a répondu à ses détracteurs sur son pseudo-isolement, avec humour !

- elle a remotivé les camarades, souvent malmenés

- elle s'est opposée à Nicolas Sarkozy et à sa politique

- elle a fait des propositions claires sur la crise sociale et économique.

 

Cette fête a été l'occasion d'éclaircie pas mal de point, pour moi, mais aussi pour beaucoup de gens qui cherchent un espoir en notre Présidente... de région !

 

 

 

26 août 2009

Festival du Film Francophone d’Angoulême (FFA)

Le Festival du Film Francophone d’Angoulême (FFA) aura lieu du 26 au 30 août avec des projections dans toutes les salles d’Angoulême (CGR et CIBDI), ainsi que sur le Champ de Mars.


Le FFA en quelques mots...

Un condensé de Qualité
- un festival court et intense : 4 jours
- une sélection resserrée et pertinente : 2 films en avant-première, 10 films en compétition
- un palmarès limité et percutant : 5 Valois d’Or (Grand Prix, réalisation, acteur, actrice, Prix du public)
- un jury indiscutable : un président indiscutable et 6 membres très reconnus représentant les pays
- projection en ouverture et en clôture de « films invités », hors compétition, d’un pays de la francophonie
- focus sur un réalisateur francophone contemporain
- focus sur des films co-produits en Poitou-Charentes

Un Rendez-vous incontournable
- des grandes stars du cinéma francophone
- découvreur de jeunes talents
- invitation des médias spécialisés francophones y compris ceux du web
- pilier du pôle économique de l’image qui s’est implanté à Angoulême

Un Festival populaire
- inviter le grand public à venir partager à Angoulême la découverte de talents de notre époque (réalisateurs et acteurs)
- ouvrir la projection des films au grand public

Un Rendez-vous convivial
- Une soirée de remise des Valois d’Or au Théâtre d’Angoulême

 

Les films projetés

Les films en compétition déjà sélectionnés

- Dédé à travers les brumes (Québec) de Jean-Philippe Duval avec Sébastien Ricard
- C’est pas moi je le jure ! (Québec) de Philippe Falardeau avec Antoine L’Écuyer
- Panique au village (Belgique) de Stéphane Aubier et Vincent Patar,
- L’homme de chevet (France) - titre provisoire - de Alain Monne avec Sophie Marceau et Christophe Lambert
- Rien de personnel (France) de Mathias Gokalp avec Jean-Pierre Darroussin et Denis Podalydès,
- L’absence (Sénégal) de Mama Keïta,
- L’ombre de Liberty (Gabon) de Imunga Ivanga avec Kyara Bongo, Philippe Mory, Michel Ndaot, Laurent Owondo,
- Le fil (Tunisie) de Mehdi Ben Attia avec Claudia Cardinale, Antonin Stahly et Salim Kechiouche.


Les avant-premières


- Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain (en ouverture)
- Rose et noir de Gérard Jugnot avec Gérard Jugnot et Bernard Lecoq
- L’affaire Farewell de Christian Carion avec Guillaume Canet et Emir Kusturica (en clôture)
- Victor de Thomas Gilou avec Pierre Richard, Clémentine Célarié, Antoine Duléry et Lambert Wilson
- Le bonheur de Pierre de Robert Menard avec Pierre Richard et Sylvie Testud
- L’armée du crime de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian et Virginie Ledoyen


Séances spéciales


- Polytechnique de Denis Villeneuve avec Karine Vanasse, Maxim Gaudette et Sébastien Huberdeau
- Les Saignantes de Jean-Pierre Bekolo avec Adèle Ado, Dorylia Calmel, Joséphine Ndagou
- No Pasaran de Eric Martin et Manu Caussé avec Rossy de Palma, Murray Head, Bernard Blancan, Elodie Navarre, Cyril Leconte.


Les bijoux de famille


- Nos jours heureux de Eric Toledano et Olivia Nakache avec Jean Paul Rouve et Marilou Berry
- La frairie de Francis Chauvaud avec Marcel Reible et Jacqueline Parent
- Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore
- On dirait que de Françoise Marie avec Pauline Combaudon et Mathilde Courdert
- Donne-moi la main de Pascal-Alex Vincent avec Victor Carril, Alexandre Carril, Anaïs Demoustier.


Le focus François Dupeyron


- Aide toi le ciel t’aidera avec Félicité Wouassi et Claude Rich
- Drôle d’endroit pour une rencontre avec Catherine Deneuve et Gérard Depardieu
- Un cœur qui bat avec Dominique Faysse et Thierry Fortineau
- La chambre des officiers avec Eric Caravaca et Denis Podalydès
- Inguelezi avec Marie Payen et Eric Caravaca.


Projections sur le parvis du Champ de Mars


- Welcome de Philippe Lioret avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana…
- Aide toi le ciel t’aidera de François Dupeyron avec Félicité Wouassi et Claude Rich, Elisabeth Oppong…
- Les vacances de M. Hulotde Jacques Tati avec Nathalie Pascaud et Michele Rolla…



Le Jury

- Présidente : Sandrine Bonnaire
- Robert Charlebois
- Michèle Halberstadt
- Lyes Salem
- Jean Pierre Bekolo
- Déborah François

 


Tarifs

- Pass non nominatif à 20 € pour vingt séances.
- Pass à 12 € pour huit films valables le samedi et le dimanche.

Ces pass sont d’ores et déjà en vente à la librairie Chapitre, à l’Office de tourisme d’Angoulême, à la Cibdi et sur le réseau en ligne ticketnet.

Autre nouveauté : les avant-premières sont accessibles, même pour ceux qui ne sont pas détenteurs d’un pass, avec une entrée à cinq euros.

11 juin 2009

Ordre du jour du Conseil National du PS

Un peu d'humour... article du Post :


Comité National du Parti Socialiste
Réunion du mardi 9 juin 2009

 

Ordre du jour


Point n° 1 - Frequent Flyer.
Appeler Air France pour commander la Carte Fréquence Plus Gold de Ségolène. Ultra Top Prioritaire.

 

Point n° 2 – Un tramway nommé Désir
Demander, sans le froisser, à Harlem de quitter la réunion avant d'aborder les résultats en Ile-de-France, en prétextant qu'il risque de louper son RER.

 

Point n°3 – Chkoumoun sur les porte-paroles. Ma parole.
Choisir un marabout pour venir exorciser le bureau du RDC que Julien Dray avait refilé à Benoit Hamon. Convaincre Vincent Peillon d’accepter de s’y installer.

 

Point n°4 – Esprit d’équipe.
A sa demande, Malek Boutih devrait lire un texte d’Eric Zemmour à l’attention de la direction actuelle.

 

Point n°5 – Rappel du règlement.
Rappeler à Manuel Valls que  pour les conversations privées avec l’UMP chacun est désormais prié d’utiliser son portable et non les lignes de la rue de Solferino.

 

Point n°6 – Questions pratiques
Trouver un endroit pour ranger la balayette,  à présent que Jack Lang a déclaré « j’ai voté socialiste mais Dany occupait mon cœur »

 

Point n°7 – Questions diverses et explications fumeuses
Animé par Arnaud Montebourg

11 mai 2009

60 ans de photos pour Paris Match

Du 9 au 29 mars dernier, Paris Match exposait ses plus belles photos sur le parvis de la gare de Lyon. Pour vous, voici celle qui m'ont le plus touché.

 

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17 janvier 2008 : Dans le service de réanimation néonatale de la maternité de Port-Royal, une main de moins de 4 centimètres sort du champ opératoire pour agripper le doigt de l’infirmière. Ce grand prématuré va subir une opération de une à trois heures. Le chirurgien va lui poser un cathéter d’environ 1 millimètre, à proximité du cœur.



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28 septembre 1995 : A la Maison-Blanche en présence de Bill Clinton,Yitzhak Rabin et Yasser Arafat pour une poignée de main qui a fait le tour du monde, deux ans après la déclaration de principe sur l’autonomie palestinienne.


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9 février 1984  : Grands frissons et vertiges assurés dans l’espace pour Bruce McCandless aux commandes de son scooter spatial MNU de la mission Challenger. Au cours de ce vol, il fut le premier spationaute à réaliser une sortie libre, sans aucun lien avec le vaisseau.


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5 janvier 1964 : Paul VI fut le premier pape à revenir en Terre sainte. Au lac de Tibériade au milieu de la foule, il voulut plonger son visage dans les eaux sacrées. Les photographes pour immortaliser ce moment se jetèrent dans les flots sur lesquels Jésus marcha.


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11 novembre 2005 : Les six derniers poilus de la Première Guerre mondiale : Louis de Cazenave, 108 ans ; Léon Roger Weil, 109 ans ; Lazare Ponticelli, 107 ans ; Ferdinand Gilson, 107 ans ; Maurice Floquet, 110 ans ; Jean Grelaud, 107 ans (de gauche à droite).


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14 janvier 2007 : Echange de couleurs le temps d’un maquillage et d’une photo insolite du couple Karembeu.


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12 octobre 2006 : Lancés à près de 600 kilomètres-heure, les Alphajet de la Patrouille de France survolent le TGV roulant au-dessus du Rhône sur le viaduc des Angles. Un défi du rail, de l’aéronautique et de la photographie, réalisé à l’occasion de la parution du Numéro 3000 de Paris Match.


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6 mai 1955 : Première rencontre au Palais de Monaco entre l’actrice Grace Kelly et le prince Rainier.


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28 octobre 1953 : Georges Brassens, en plein succès, reste fidèle à son impasse Florimont dans le XIVe arrondissement de Paris où il habite.


Les autres photos sur : http://www.parismatch.com/Culture-Match/Art/Photos/Rencontres-60-ans-de-Paris-Match/60-ans-de-Paris-Match-82283/

04 février 2009

"Femme debout" : Ségo croque !

Quand Ségo croque Sarko

"Dans tout combat politique, comme dans le sport, il y a forcément le respect de l'adversaire. J'espère que [Nicolas Sarkozy] me respecte, plus en tout cas que ses sbires. Moi, je respecte l'adversaire même si je dois le combattre au sang. Je dirais d'abord, sur le point le plus positif, c'est qu'il a une énergie incroyable. Qu'il bouge et veut faire bouger. Il est iconoclaste, c'est évident. Mais je crois que ce qui me gêne le plus chez lui, c'est son manque de morale, son amoralité. J'ai l'impression vraiment qu'il illustre bien l'expression "sans foi ni loi". (…) Il ne cache pas son avidité, sa boulimie d'argent, de sensualité, de plaisir. Il y a une forme de cynisme poussé à l'excès, comme de la provoc permanente, celle d'un adolescent qui voudrait épater la terre entière. Sauf qu'il est chef de l'État. Il est l'enfant du SAC de Pasqua, il est l'héritier de Ponia. Et il est un vrai idéologue. Ultra-libéral. Et il s'en vante presque. Sa grande habileté a été de conjuguer cette forme d'amoralité et l'ouverture politique. C'est une stratégie de conquête assez classique mais très efficace. (…) On flatte et on intervient là où ça fait mal. Besson est un exemple parfait, idéal, de la bonne prise de guerre au bon moment. Du jamais-vu dans une campagne présidentielle. Et puis on espionne les équipes d'en face, on fait du renseignement, grâce à ses anciennes fonctions ministérielles. (…) On travaille aussi les rédactions de l'intérieur, on a ses espions petits ou grands, on est au cœur des chaînes de télé, au cœur de la machine, on promet, on contraint, on menace. On intervient sur les points faibles. Procès en incompétence. On tape là où ça fait mal, très mal. Le privé. On prend les gens droit dans les yeux, "tu mérites tellement mieux que ce qu'elle va t'offrir". Kouchner, DSK, tous ces gens ont été contactés pendant la campagne, entre les deux tours. Tous. Et certains avant le premier tour. Il leur disait : j'ai des sondages secrets, c'est foutu pour elle. (…)

Il a aussi le talent du mensonge. Il s'est bien entouré, notamment d'Henri Guaino, sombre et lyrique. Et tous les deux se sont mis à nous raconter une histoire totalement hurluberlue. Le pauvre petit-fils d'immigrés qui allait boire des menthes à l'eau avec son grand-père. Ils ont réussi, et ça, c'est le coup de génie, à nous faire croire qu'il avait changé. Ils sont très forts dans l'art du camouflage. Ils ont réussi à occulter les histoires d'argent, le train de vie, le tempérament. Dans une campagne à l'américaine, tout serait sorti, tous les manquements à la morale. (…) Sarkozy, en résumé, c'est un immense mensonge, c'est une imposture.

- (…) Vous voyez Nicolas Sarkozy comme un enfant ?

Non, mais parfois infantile, oui. En tout cas, avec un manque de tenue et de dimension personnelle évidente. Quand il m'a reçue à l'Élysée, peu après la défaite, pour parler de l'Europe, je l'ai trouvé assez médiocre dans le comportement. Il n'y avait pas de hauteur, d'allure, d'élan, de fair-play. Il aurait pu dire : "Félicitations, nous avons bien combattu, vous portez dix-sept millions de voix." Non, rien, il était là, les bras ballants, à m'offrir des chocolats, à essayer de me faire parler de ma séparation d'avec François Hollande, à dauber sur des journalistes, à exhiber sa montre et à me dire qu'il était là mais qu'il aurait pu être ailleurs "à faire du fric". Pas méchant mais pas l'allure. En fait, il est bien plus fade qu'on ne le croit. Sa force vitale est impressionnante mais c'est vraiment un m'as-tu-vu. Fade, c'est le mot que j'emploierais. Un petit gamin heureux d'être au milieu de ses nouveaux jouets, vous savez, le môme qui a gagné le pompon sur le manège. Avec sa petite étoile de shérif et son pistolet en plastique, son déguisement de cowboy. Il est monté sur le plus grand cheval et il a décroché le pompon. Bingo !"


Martine, Lionel, Jack et les autres…

Martine Aubry me regarde toujours comme quand j'étais sa sous-ministre. Elle le pense vraiment. Il y a eu une primaire, une campagne présidentielle, un score plus qu'honorable et je suis sa sous-ministre. Elle ne me regardera jamais autrement. C'est dommage… Pour elle ! (Elle éclate de rire.) Mais elle n'est pas la seule. Je crois que Mme Jospin ne m'aime pas beaucoup. Pas plus que Mme Strauss-Kahn. Dommage pour elles aussi ! Je gagne à être connue, vous savez !"


"Lionel Jospin a été un très grand Premier ministre, il est très bon sur beaucoup de dossiers mais devient irrationnel sur le parti. Il mute et perd toute sa grandeur."


"Laurent Fabius est brillant, c'est probablement l'un des plus cultivés. Et il reste là, enfermé, caché maladroitement derrière Martine pour le congrès, et on se demande bien ce qu'il peut encore espérer."


"Je ne supporte pas les manipulateurs et les geignards… Le summum, c'est Jack Lang qui a instauré le harcèlement en stratégie de conquête. Dix, vingt, trente coups de fil, matin, midi et soir. On fi nit toujours par céder. Très efficace mais totalement insupportable. Il gagne toujours par K-O."


"Michel Rocard ?  Quelqu'un qui me veut beaucoup de bien (…)l'homme merveilleux, le seul homme au monde capable de demander à une candidate de se retirer de la compétition… (éclats de rire)"


Vie privée, vie publique...
"Je n'ai sacrifié personne. On pourrait se dire : "Après tout, elle a tout sacrifié à la politique, c'est donc normal qu'elle ait raté son couple", mais c'est faux, archifaux. J'ai accordé autant de soin à mon couple qu'à mes enfants et à mon boulot. En fait, j'ai essayé. Et ça a raté… (elle réfléchit), c'est une forme d'échec, pour moi qui tiens beaucoup à la famille. Mais c'est peut-être une chance aussi. Ça aurait pu arriver plus tard, sans espoir de me retourner, de retrouver le bonheur. Un mal pour un bien. C'est de toute façon ce qu'il faut se dire. C'est pas mal non plus l'affranchissement, ça ouvre d'autres horizons…"

 

"Femme Debout", par Ségolène Royal. Entretiens avec Françoise Degois. Denoël, 288 pages, 19 euros.

03 février 2009

"Femme debout" : Ségo à Reims

Le congrès de Reims : "C'est terrible, un tel aveuglement."

"Je continue à penser que je suis majoritaire. Beaucoup de gens inscrits sur les listes n'ont pas pu aller voter. Quelles que soient les circonstances de la désignation de Martine, je reste persuadée que j'avais la victoire au début de la nuit et qu'elle s'est volatilisée au petit matin. Mais les faits sont là : Martine est premier secrétaire et pas moi. Ça fait une grande différence. Ce qui fait encore plus de différence, c'est le sectarisme avec lequel nous avons été traités, mes amis et moi. C'est terrible, un tel aveuglement. Comment refuser la main de 50% des militants, voire un peu plus ? Pourquoi ? Au nom de quelle logique politique ? Il n'y en a aucune. À dire vrai, je ne comprends pas cette stratégie, si ce n'est qu'elle est motivée par mon élimination. Faire tourner la vie du plus grand parti d'opposition autour de la seule question "Comment éliminer Ségolène ?", c'est à la limite de la monomanie. (…) Avec moi, la rénovation était immédiate. Je lançais dans les cent jours une vaste campagne d'adhésion, tout le monde sur le pont à vingt euros. Et je déménageais. Dans un lieu vaste, clair, pas tarabiscoté comme Solférino, avec ses couloirs, ses escaliers. Non, un lieu moderne, sur deux plateaux, deux étages, très lumineux. Ah, c'est certain, ça aurait grincé, chouiné, tapé du pied, mais on déménageait. (…) J'aurais appliqué illico presto la démocratie participative, j'aurais créé une université populaire, on aurait fait revenir les jeunes des banlieues, ils seraient venus militer. C'est certain. Bref, il se serait passé quelque chose, un souffle, qui ne peut pas se passer de la même manière maintenant. Ce souffle de la présidentielle qu'ils cherchent absolument à éteindre, coûte que coûte, et que j'aurais su rallumer (…)

 

Le soir du vote : "Avec Martine, on aurait causé, comme on dit chez moi."

Je ne pensais pas que François Hollande changerait la règle du jeu en cours de route. Je pensais qu'il réagirait face à l'irrégularité des votes. Qu'il saisirait la proposition de Robert Badinter de faire revoter dans les sections litigieuses. Comme beaucoup de militants j'ai été stupéfaite. Mais vous savez, j'ai revu il y a quelques jours le film Gandhi de Richard Attenborough. Une phrase y revient sans cesse, "œil pour œil, et le monde serait aveugle". Œil pour œil, c'est toujours tentant, c'est facile, mais c'est une mécanique dont il faut sortir. (…)

- On n'a pas vraiment compris ce qui s'est passé la nuit du vote. (…) Comment avez-vous passé cette soirée ?

Chez moi à Boulogne, entourée de quelques amis. En fait, François Hollande ne m'a pas contactée directement. Il a contacté mon attachée de presse en disant que la victoire était nette et incontestable. Il souhaitait me parler rapidement. J'étais en train de rédiger mon discours de victoire justement quand tout a commencé à changer. Je crois que c'est l'inversion des résultats, telle qu'elle s'est déroulée, qui a été le plus dur à vivre. C'est assez violent. Depuis la veille, je sentais que ça allait passer mais tout en restant prudente. Je sentais que tout pouvait arriver. J'avais du pif, remarquez ! (…)Contrairement à ce que racontent certains journalistes, non, je n'ai pas fait demi-tour, rebroussé chemin. Ça n'est pas mon genre. Si j'avais quitté Boulogne pour rencontrer la presse, je peux vous dire que j'y serai allée, à la maison des Polytechniciens, et même à la questure, où était Martine, et qu'on aurait causé, comme on dit chez moi. (Sourire.) Mais à bien y réfléchir, je crois que ni elle ni moi n'étions en état de parler. D'ailleurs, les coups de fil échangés dans la nuit en disent long. Dans ces moments-là, en fait, il est inutile de parler. Voilà, tout était dit. (…)

- Il y aura une prochaine fois ?

Sans doute… ça n'est pas impossible. Mais tout dépendra de ma capacité et de celle de mon équipe à nous y préparer. Avec un parti profondément transformé, ç'aurait été plus facile, mais je serai mieux préparée qu'en 2007. Mieux entraînée aussi. Parce que j'ai été la chercher au plus profond de moi-même, cette décision. Elle vient de très loin… de très loin vraiment. Du plus profond de l'élan populaire qui ne se dément pas ! Qui est toujours là ! Comme une évidence ! Il y a quelque chose en moi qui appartient désormais aux autres. C'est-à-dire à tous les gens qui veulent que j'avance avec eux et pour eux. Personne ne sait mieux que moi jusqu'où je suis allée chercher cette décision… Cette décision d'avancer. Parce que parfois j'ai eu le sentiment de ramper dans la cendre. Parce que j'aurais pu mourir. Oui…mourir intérieurement… (Elle réfléchit.) Et puis voilà, je me suis remise debout.

- Même pas morte ?

Non ! Je dois avoir un ange gardien.

 

"Femme Debout", par Ségolène Royal. Entretiens avec Françoise Degois. Denoël, 288 pages, 19 euros.

02 février 2009

"Femme debout" : Ségo au Zénith

La fête du Zénith : "Forcément, ce que je fais est nul."

"Grimper aux rideaux, hurler comme des vierges effarouchées et raconter n'importe quoi au fil des éditos parce que je me suis coiffée au Babyliss, que je portais une tunique bleue et un jean, vous parlez d'une transgression ! Si c'est ça transgresser, on est des millions à s'asseoir sur notre surmoi ! (Éclats de rire.) Je me demande bien ce que vous auriez raconté si Bertrand Delanoë avait fait ça. Vous vous seriez tous extasié : "Mon dieu, il est génial, quelle créativité, quel culot, quelle liberté de ton !" Et si ça avait été Martine, merveilleux, forcément merveilleux, avec une tunique africaine, quelle révolutionnaire, cette Martine ! Mais moi, non ! Forcément ce que je fais est nul, forcément moi c'est à quitte ou double ! Forcément je fais de la com ! (…) C'est moi, tout ce que j'aime dans la politique : le rassemblement, la joie, le discours, l'élan, une forme de transgression qui fait grincer les mutilés du coeur, mais je ne suis pas responsable de certains blocages. Faut-il être neuneu pour hurler au sacrilège, à la secte, alors qu'on ne dit jamais rien à Marie-George pour sa fête de L'Huma, qu'en Italie, la fête de L'Unità passe comme une lettre à la poste et que tout le monde s'extasie devant la campagne d'Obama ! (…) Et en plus ils me copieront. C'est certain. Tous ceux qui me critiquent feront pareil dans quelques années, vous verrez. Aujourd'hui, pas un ne peut attirer 4 000 personnes sur son nom, à part Sarko bien sûr mais vous verrez. De toute façon, la vérité est ailleurs. Ce qui les a fait se déchaîner, en in ou en off, c'est la phrase : "Rien ne me fera reculer !" Ça, pour eux, c'est terrible. Ils se disaient au fond : "Bon, on va laisser Ségolène faire son Zénith et comme ça, après, elle ne nous emmerdera plus." Il y avait de ça dans les commentaires. Raté."

 

"Femme Debout", par Ségolène Royal. Entretiens avec Françoise Degois. Denoël, 288 pages, 19 euros.

01 février 2009

"Femme debout" : Ségo et les éléphants

Cette semaine, les meilleurs morceaux du livre "Femme debout", de Ségolène Royal. Pendant un an, l'ex-candidate à la présidentielle a confié ses secrets, ses doutes, ses colères, à Françoise Degois. Sur son échec au congrès du PS, sur la guerre que lui livrent les éléphants, sur la personnalité de Sarkozy… sur elle aussi, le parler vrai de Ségolène décoiffe.

 

Le regard des éléphants : "Cette femme est une sorcière."

"Ils ne s'arrêteront jamais. Leur psychologie est très simple en fait. Elle est liée à la conception profonde qu'ils ont de la politique. Ils pensent très basiquement : Je suis mâle, je suis dans le cursus, j'ai fait les bonnes études, j'ai tous les mérites, je suis l'homme qu'il faut. C'est une conception patrimoniale et possessive de la politique, comme le capitalisme des héritiers. […] La primaire a été pour eux un rapt profond qu'ils ne surmonteront jamais. S'ils étaient vraiment sages, ils se diraient qu'ils ne sont, que nous ne sommes que des passagers de la politique et que, puisque j'ai été choisie par les militants, puis par le peuple, ils doivent me suivre. (…)La décomposition du PS, au fond, ils s'en moquent, ils pensent que de toute façon ils gagneront au prochain coup. Ils pensent que l'agonie sera tellement lente qu'ils ramasseront inévitablement la mise. (…) Moi, je suis très claire. S'il y en a un de meilleur que moi, qu'il y aille, je ferai même sa campagne en 2012. Mais pardon, pour le moment, je ne vois pas. J'aime cet argument stupide qui consiste à me dire : "Ségolène, protège-toi, le parti détruit toujours celui qui le dirige…" Eh bien soit ! qu'il me détruise. Puisque je suis nulle de chez nulle. Parce que c'est bien ça, non ? Je suis nulle de chez nulle. La bonne aubaine, le parti qui me détruit… mais non, évidemment, c'est un argument spécieux, abject. La vérité, c'est qu'on ne peut pas prendre le risque. On ne sait jamais… si on prenait le risque que le parti ait 700.000 adhérents, qu'on ouvre les grilles de Solférino, qu'on fasse revenir les artistes et les intellectuels, qu'on se remette à réfléchir joyeusement à la politique. Mon dieu, quelle horreur, cette femme est dangereuse, c'est une sorcière… Surtout pas elle… on ne sera plus chez nous (rires). (…) Le poison est entré si violemment dans ce parti. Et, eurêka ! ils ont trouvé une femme pour battre une autre femme. Avec l'idée que nous nous battrons au sang et qu'eux pourront ramasser la mise en 2012. C'est de l'inconscience à l'état pur, c'est de l'irresponsabilité, c'est une forme de perversion absolue. (…) Et pendant ce temps, les Français vont souffrir… Mais ils s'en foutent éperdument, ils ne pensent qu'à eux, à ce processus de congrès stupide."

 

"Femme Debout", par Ségolène Royal. Entretiens avec Françoise Degois. Denoël, 288 pages, 19 euros.

30 décembre 2008

Réveillonnez avec Ahmanidejad !

Cette année, la chaîne britannique Channel Four nous invite à pimentez notre réveillon en écoutant le message de Noël du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Chaque année depuis 1993, une personnalité se livre à l'exercice. La chaîne a reçu des personnalités différentes, de Brigitte Bardot à l'icône gay Quentin Crisp, en passant, l'année dernière, par le sergent-major Andrew Stockton, un soldat britannique qui a perdu un bras en Afghanistan.

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Cette année, ils font fort ! Mahmoud Ahmadinejad est de loin la personnalité la plus éminente jamais invitée par la chaîne, tant par les provocations qui le déterminent que par le message qu'il souhaite adresser aux britanniques. M. Ahmadinejad commence par féliciter les Britanniques et les chrétiens en ce jour anniversaire de la naissance de Jésus, qui est aussi un des prophètes de l'islam. Puis il donne sa vision des grands problèmes du monde : "Les crises touchant la société, la famille, la morale, la politique, la sécurité et l'économie (...) sont nées du fait que les prophètes sont oubliés, que le Tout-Puissant est oublié et que certains dirigeants sont éloignés de Dieu. (...) Si le Christ était sur terre aujourd'hui, il ne fait aucun doute qu'il se tiendrait aux côtés du peuple dans son opposition aux puissances agressives, acrimonieuses et expansionnistes", poursuit-il. "Si le Christ était sur terre aujourd'hui, il ne fait aucun doute qu'il hisserait la bannière de la justice et de l'amour pour l'humanité afin de s'opposer aux bellicistes, aux envahisseurs, aux terroristes et aux tyrans du monde."

 

 

M. Ahmadinejad conclut son message en disant prier "pour que la nouvelle année soit une année de bonheur, de prospérité, de paix et de fraternité pour l'humanité".  Pour information, lle choix du président iranien s'est fait par son "énorme influence" dans le monde et par le souhait de proposer aux Britanniques un "aperçu d'une vision alternative du monde"... Mahmoud, nouvelle tendance ?

 

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