28 septembre 2009

Les moeurs valent plus que les morts !

Et voilà que les journaux papiers et télévisés montent la mayonnaise de l'information sur "l'affaire Polanski". Les Etats-Unis sont bien rancuniés, à tel point qu'ils demandent à un pays tiers d'arrêter un homme accusé d'avoir froissé les moeurs de leur pays. Rappelons un peu le contexte :

 

- Des faits qui datent de plus de trente ans,

- Une victime qui a touché le gros lot grâce à une consiliation à l'amiable,

- La jeune fille qui a publiquement demandé qu'on arrête les poursuites contre l'accusé...

- Un pays (il faut bien le dire) qui a arrêté l'accusé sans demande du pays !

 

Il s'agit bien entendu de l'arrestation de Roman Polanski par les autorités suisse, avant la demande d'extradition des Etats-Unis. De plus, quand on voit le contexte, il ne faut pas confondre indisposition avec acharnement ! Colère saine aussi sur le traitement de l'information. Il vaut mieux en effet ouvrir le journal sur l'arrestation d'une star que de rendre hommage aux quatre soldats français morts en Afghanistan...

 

 

 

 

16 septembre 2009

Communiqué de presse de la défenseure des enfants

logoTinyModif.jpgCOMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 15 septembre 2009

 

 

DOMINIQUE VERSINI, DEFENSEURE DES ENFANTS, DECOUVRE QUE LE GOUVERNEMENT A DECIDE DE SUPPRIMER LE DEFENSEUR DES ENFANTS AU MOMENT DU 20ème ANNIVERSAIRE DE LA CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT (CIDE)

 

Alors  que  partout  en  France  et  dans  le monde,  se  prépare  le  20ème  anniversaire  de la Convention  internationale des droits de  l’enfant,  la Défenseure des enfants, Dominique VERSINI, découvre avec stupeur les 2 projets de loi présentés lors du dernier conseil des ministres (9/09/09) qui suppriment  l’Institution du Défenseur des enfants créée par  la loi  du  6  mars  2000  en  tant  qu’Autorité  indépendante  chargée  de  défendre  et  de promouvoir  les  droits  des  enfants  et  diluent  ses  missions  au  sein  d’un  nouveau Défenseur des droits.


Dominique VERSINI, qui n’a été à aucun moment ni consultée ni auditionnée (malgré les  demandes  de  rendez-vous  qu’elle  a  formulées  auprès  de  l’exécutif  dès  la connaissance du projet de création d’un Défenseur des droits fin 2007), conteste à la fois la méthode, qui relève de la maltraitance institutionnelle ainsi que les 2 projets de lois qui posent de nombreuses interrogations :

 

Le nouveau Défenseur des droits, qui a été  institué par  la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 sans que son périmètre soit défini au moment du vote, a pour but, selon le projet, de renforcer et de donner plus de cohérence et de lisibilité à la protection des droits et des libertés des citoyens en le dotant de pouvoirs renforcés. Si tel est le but, on ne  comprend  pas  pourquoi  le  Gouvernement  a  décidé  de  limiter  son  champ d’intervention aux compétences du Médiateur de la République, du Défenseur des enfants  et  de  la  Commission  nationale  de  déontologie  de  la  sécurité  (CNDS), excluant  de  fait  la  protection  de  droits  aussi  fondamentaux  pour  nos  concitoyens  que ceux  concernant  les  discriminations,  le  contrôle  des  lieux  privatifs  de  liberté,  la protection de  la vie privée menacée par  la multiplication des fichiers informatiques qui resteraient gérés respectivement par la HALDE, le Contrôleur général des lieux privatifs de liberté (CGPL) et la CNIL.

 

La Défenseure des enfants exprime son total désaccord sur le fait qu’ait été décidé arbitrairement  et  sans  aucune  concertation  de  dissoudre  certaines  autorités indépendantes et d’aménager une simple articulation avec d’autres.  Elle demande donc au Gouvernement d’expliciter sur la base de quelles logiques il a  pris  la  décision  de  supprimer  à mi-mandat  une  autorité  indépendante  de  la République en charge de la défense et de la promotion des droits de l’enfant dont le travail est reconnu unanimement en France et à l’étranger. Concernant plus spécifiquement les enfants :


La  Défenseure  des  enfants  rappelle  que  depuis  sa  création  l’Institution  a  traité  des réclamations concernant près de 20.000 enfants.


1. La Défenseure des enfants considère que cette nouvelle organisation va affaiblir la mission de défense et de promotion des droits de l’enfant :

 

-  Les  enfants  (mais  aussi  leurs  parents) ne  s’adresseront pas  facilement  à un  Défenseur  des  droits  qui  n’aura  pas  une  compétence  visible  et spécialisée  pour les enfants. Les modèles européens auxquels fait référence le projet de loi prévoient sous une forme ou sous une autre un Défenseur des enfants en tant que structure distincte ou adjointe du Médiateur général.

-  En matière de défense des droits de  l’enfant  le projet de  loi marque un recul par rapport à la loi du 6 mars 2000 qui a confié au Défenseur des enfants la mission de défendre tous les droits fondamentaux des enfants consacrés par la loi ou par un engagement international régulièrement ratifié ou  approuvé,  et  notamment  la  Convention  internationale  des  droits  de l’enfant à laquelle il n’est à aucun moment fait référence dans le projet. Cela  ne  pourra  qu’entraîner  une  réduction  des  interventions  que  la Défenseure des enfants est amenée à faire régulièrement auprès des pouvoirs publics  en  faveur  d’enfants  qui  vivent  des  situations  qui  ne  sont  pas formellement  interdites dans  le droit français mais qui sont contraires à  leur intérêt  supérieur au  sens  de  la  Convention  internationale  des  droits  de l’enfant  :  par  exemple,  la  présence  d’enfants  dans  les  Centres  de  rétention administrative,  le  traitement  des mineurs  étrangers  isolés,  l’accès  aux  soins des  enfants  de  Mayotte,  …  C’est  donc  l’Autorité  morale  et  la  force d’interpellation de la Défenseure des enfants à travers ses interventions et avis qui sont réduites.


-  Le projet de loi  ne  prévoit  rien  sur  le  maintien  de  la  mission  de promotion des droits de l’enfant qui est affirmé dans l’article 5 de la loi du 6 mars  2000,  que  la  Défenseure  des  enfants  a  développé considérablement  en  3  ans  –  en  partenariat  avec  des  conseils  généraux de tout  bord  politique  et  avec  l’Education  nationale  -  par  la  création  de  32 « jeunes ambassadeurs »  faisant  leur service civil volontaire auprès de son institution  et  ayant  sensibilisé  sur  les  droits  de  l’enfant  plus  de  50 000 enfants en trois ans dans 12 départements. Elle  rappelle  qu’elle  anime  également  une  équipe  de  60  correspondants territoriaux qui  la  représentent  sur  tout  le  territoire. Leurs  attributions (promotion  des  droits  de  l’enfant,  médiations  interinstitutionnelles  de premier  niveau  lorsqu’un  droit  de  l’enfant  est  menacé,  liens  avec  les différentes autorités publiques, enquêtes de terrain sur la mise en œuvre des droits de  l’enfant, tutorat des  jeunes ambassadeurs …) diffèrent de celles des délégués  du Médiateur  de  la  République.  Le  projet  de  loi  ne  dit  rien  sur  le devenir de ces hommes et de ces femmes issus de la société civile qui, souvent depuis la création de l’institution, se dévouent à la cause des enfants.

 

2. Dominique VERSINI rappelle que  l’apport du Défenseur des enfants dépasse le traitement  des  réclamations et  s’inscrit  dans  une  réflexion  de  société  sur  les grandes questions concernant les enfants. En 3 ans elle a  fait des propositions de réformes  législatives sur des questions de société reprises par le Gouvernement (le statut des tiers beaux-parents, la situation des enfants  dans  les  séparations  parentales  conflictuelles,…), des propositions d’améliorations de politiques publiques (le rapport sur les Adolescents en souffrance mis en application par  la ministre de la Santé a entraîné  la multiplication des Maisons des  adolescents  et  des  équipes  mobiles  de  pédopsychiatrie),  des  recommandations relatives aux mineurs étrangers isolés, aux tests ADN, et à la justice des mineurs.

 

3. L’Institution du Défenseur des enfants contribue à porter la parole des enfants au plus haut niveau de l’Etat. En 2009, a été réalisée une  grande  consultation  nationale  donnant  la  parole  aux collégiens et lycéens  sur  10  sujets  qui  les concernent (famille, éducation, discriminations,  violences,  justice,  handicap,  santé,  expression et la  participation  ...). Leurs  200 propositions, rassemblées dans un  livre  d’or  de  la  parole  des  jeunes  et destinées  au  Président de la République et au Parlement, seront  rendues  publiques par leurs porte-parole à la Sorbonne le 20 novembre 2009. La Défenseure des enfants pense qu’il serait  particulièrement  opportun que le Gouvernement vienne à cette occasion expliquer aux jeunes le nouveau dispositif envisagé pour la défense de leurs droits.

 

4.  Dominique  VERSINI  va  assurer  la  Présidence  du  réseau  européen  des  35 Défenseurs des enfants (European Network of Ombudspeople for Children). Ces Défenseurs des  enfants  se  réunissent  en  assemblée  générale  à Paris du 23 au 25 septembre 2009 pour échanger  leurs expériences en matière de respect des droits de l’enfant  en  présence  de  représentants du Conseil de l’Europe et de la  Commission européenne. La Défenseure des enfants invite le Gouvernement,  le  Parlement  et  la  presse à venir les rencontrer pour comprendre  leurs différentes modalités d’organisation qui,  dans  tous  les  cas,  identifient  nettement  la visibilité de la fonction de Défenseur des enfants.

 

Dominique VERSINI considère que  la suppression du Défenseur des enfants sous la forme décidée par  le Gouvernement marque un  recul dans  le  respect des droits fondamentaux des enfants et va à  l’encontre des préconisations du Comité des droits de  l’enfant des Nations Unies qui, dans  son  rapport du 22  juin 2009, a demandé au Gouvernement de « continuer à renforcer le rôle du Défenseur des enfants ».

 

Pour mémoire : Dominique VERSINI, conseiller d’Etat, ancien secrétaire d’Etat chargée de la lutte contre la précarité et l’exclusion (2002-2004) et Co-créatrice du Samu Social de Paris (1993), a été nommée Défenseure des enfants par décret du Président de la République le 29 juin 2006 pour une durée de 6 ans (2006-2012). Elle a succédé à Claire Brisset (2000-2006), actuelle médiatrice de la Ville de Paris.

29 octobre 2008

La position des Anciens

OUF ! On sait enfin pour qui se prononcent Lionel Jospin et Jacques Delors ! Le premier soutient Bertrand Delanöe et le second Martine Aubry. Etonnant non ? Adhérent à la section du XVIIIe Arrondissement de Paris, l’ancien premier ministre est ami de longue date du maire de Paris qui compte dans ses rangs de nombreux « jospinistes » (Hollande & Cie, Vaillant…). Le second, ancien Président de la Commission Européenne, est le père de Martine Aubry ! No coment.

Alors, excusez-moi, messieurs et mesdames les journalistes mais, où est le suspense… et surtout où est l’intérêt ?

Petite colère saine pour bien commencer la journée. Cela faisait longtemps que j’en avais envie et aujourd’hui je me lance. Prenons le regard d’un jeune en politique, disons au hasard, de 23 ans. Delors ? Probable candidat à l’élection présidentielle de 1995 (10 ans à l’époque !) et depuis ???? RIEN. Jospin ? Candidat malheureux en 2002 (pas encore majeur pour pouvoir voter) QUI A PRIS SA RETRAITE POLITIQUE. Et depuis ??? RIEN, sinon des petites phrases, des interventions visant à critiquer l’un ou l’autre, des positions d’aigri déversant sa probable expérience dans nos débats internes… A ce sujet, j’en arriverais même à louer Laurent Fabius (sic) qui, lui aussi, a perdu à plusieurs reprises mais a su rester dans l’action et dans le débat d’idée.

au revoir lionel.jpg

Mais, QUI lui permet d’exister ? Les journalistes. S’il était considéré comme un simple militant (ce qu’il est redevenu), nous n’entendrions jamais parlé notre grand vainqueur de 1997. Entre parenthèses, quelqu’un pourrait-il me donner une définition de « Jospiniste » ? Un soutien de Lionel Jospin ? Nous l’avons tous été en 1997… mais depuis ? Cela me fait rire quand certains aujourd’hui se revendiquent du réformisme ou du renouveau quand on traîne derrière soi des « personnalités » qui ont régné sur le parti pendant une dizaine d’année sans réellement rien gagner et sans rien impulser dans notre mouvement… A bon entendeur !

 

Enfin, pendant qu’on est dans le rire, j’entendais sur I-Télé ce week-end, que Laurent Fabius appelait Benoît Hamon à rejoindre Martine Aubry, et dans le même temps Lionel Jospin affirmait que Delanöe et Aubry étaient « faits pour travailler ensemble ». Petit calcul : Hamon + Aubry + Delanöe = Tout Sauf Ségolène !! Et s’ils croient que c’est en pensant aux futures alliances et aux personnes à écarter qu’ils feront avancer les choses et qu’ils donneront de la crédibilité au PS, et bien bon courage !