09 juin 2009

Les socialistes dans le flou interne au cœur d'une élection européenne...

S'il fallait attendre encore un peu, je publierai mon article demain, après les conclusions du Conseil national de ce soir... Qu'importe ? Non. Les décisions qui seront proposées (et qui seront prises !) devront être à la hauteur...

  

Le score du PS : on connaissait le tiercé gagnant en milieu de semaine dernière. Mais ce qui est inquiétant c'est le chiffre brut, comparé aux autres. Le PS à égalité avec les écologistes, la situation est grave... pour nous ! Ce qui déconcertant, ce n'est pas tant le score des écologistes qui ont su mobiliser et recueillir une partie de nos voix, mais c'est le nombre de voix du PS ! Faire la comparaison avec la présidentielle de 2002 n'est pas, à mon sens, très pertinente. L'enjeu n'est pas le même et le mode d'élection non plus. Cependant, le PS retrouve sa base électorale, autour de 16,5%. Ceux qui votent et voteront (j'espère) socialiste aux élections.

 

Le discours de Martine Aubry : la lucidité était de mise ! Encore heureux ! Le discours commence mal... « responsabilité collective des partis politiques (...) responsabilité de ceux qui portent le libéralisme ». Bah voyons ! C'est le premier message... L'abstention a toujours été forte pour les européennes à cause des gouvernements successifs qui ont créé une image de Bruxelles négative, symbole d'une politique de détail et hors de propos (dernier exemple, le vin rosé).

  

Deuxième idée, « Nicolas Sarkozy n’a pas dit ses intentions et le vrai projet libéral européen qu’il porte avec ses alliés ». Menteur notre Président ?! Pas sûr... mais les Français ont l'air d'apprécier. Fausse bonne idée que d'ajouter les voix de tous les partis en dehors de l'UMP. C'est une vieille tactique politicienne, mais dans une élection proportionnelle à un seul tour, c'est la liste en tête qui gagne le scrutin. C'est un fait et quand on a plus de dix points d'écart, on peut faire profil bas.

« Notre Parti Socialiste a souffert de ses batailles internes et de ses divisions. Je mets toutes mes forces pour le rassembler. Il faut poursuivre avec détermination. » : après avoir été élue avec des soupçons d'irrégularité, la détermination qu'elle affiche n'a pas encore trouvée de crédibilité à mes yeux. Si le rassemblement passe par l'entrée d'une dizaine de proches de Ségolène Royal à la direction à des postes d'adjoints, et bien nous n'avons pas la même définition du rassemblement ! Il faut laisser une vraie place à nos amis, pour qu'ils s'affirment et qu'ils prennent part à la stratégie.

« Le Parti Socialiste a besoin d’une profonde rénovation. Il doit ne plus vivre en circuit fermé et doit s’ouvrir sur la société » : c'est ce que nous (soutiens de Ségolène Royal et son équipe) avons prôné depuis le début : ouverture aux sympathisants, un parti de masse, une rénovation des pratiques internes, des débats participatifs, une nouvelle vision de la société et des problématiques sociales,... Je ne suis arrivé au PS qu'en 2004, mais je crois savoir que la rénovation a été maintes fois demandée depuis la déroute de Lionel Jospin.

« Unité, rénovation des idées et des pratiques, rassemblement de la gauche, ce sont les tâches majeures auxquelles nous allons nous atteler dès demain » : retour au grand jour des vieilles recettes de la Gauche plurielle de Jospin...

 

Il est étonnant de voir que les leaders des autres partis (Mélenchon, Sarkozy, Bayrou...) ont été les responsables de la victoire ou de la défaite, et qu'au Parti socialiste, la responsabilité soit collective ! Si les militants ne sont pas mobilisés, le score en sera autant diminué. Prendre en compte l'avis des militants, les associer, OUVRIR, telle doit être la première mission de la direction du parti. Le Conseil National de ce soir devra être percutant, rassembleur et encourageant... nous verrons tout ça demain.

Ecrire un commentaire