27 novembre 2008

Faut-il parquer les SDF ?

Derrière ce titre provocateur se cache la proposition de Nicolas Sarkozy d'obliger les SDF à aller dans les logements d'urgence mis à leur disposition dans chaque commune.

images.jpg

La loi 2007-209 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable porte plusieurs mesures en faveur de la cohésion sociale. En plus du droit au logement garanti par l'Etat, la loi DALO reconnait aux personnes le droit à un logement d'urgence. Celui-ci peut concerner les SDF mais aussi les personnes séparées ou parties du logement familial ou conjugal... La loi permet aux personnes accueillies dans un hébergement d'urgence d'y rester juqu'à ce qu'il leur soit proposé une place en hébergement stable ou un logement adapté à leur situation. L'article 2 met en place une obligation communale d'atteindre 1 place d'hébergement par tranche de 1000 habitants. Bien entendu, il sera effectué un prélèvement pour les communes qui n'auront pas rempli leurs obligations.

Après cette précision législative, il faut se poser la question en pratique. Je ne suis pas favorable à l'obligation pour les SDF d'aller en hébergement d'urgence. Beaucoup de dispositifs sont disponibles et un suivi régulier est effectué par les secours de nuit. Je pense que les SDF connaissent leur droit au logement, leur droit à la prise en charge et rester dans la rue peut relever d'une volonté personnelle. Il faut laisser le choix, ne pas leur enlever cette liberté. Mettons à disposition des lits et de la nourriture pour les plus démunis, mais ne les obligeons pas à vivre comme nous le souhaitons. Ils ont choisi, ou pas, un mode de vie un lieu de vie. La société se doit de leur venir en aide mais à aucun moment elle ne doit déterminer la façon dont les SDF doivent gérer leur vie.

22 novembre 2008

RE VO LU TION, RE VO LU TION, RE VO LU TION !

Ca y est, les résultats sont tombés : 42 voix d'avance pour Martine Aubry. Pour comprendre, c'est moins d'une demie voix par fédération.

Que va-t-il se passer maintenant ? Recompte des voix ? Vote du Conseil National ? Troisième tour ?

 

- Recompte des voix : beaucoup de contestations peuvent se faire au niveau local. On peut gagner facilement une ou deux voix par département.

- Vote du Conseil National : solution légitime mais inenvisageable... Le nombre de représentants étant proportionnel au pourcentage recueilli lors du vote des motions, Ségolène Royal n'a que le soutien de 30% du CN... alors qu'elle a été rejoint aujourd'hui par 50% des militants...

- Troisième tour : c'est faisable. C'est peut être la solution la plus adaptée pour refaire un vote plus clair et réglementaire...

 

Je suis donc pour un troisième tour de scrutin, plus encadré. Une fois le vote connu, il faudra se plier au résultat. Dans tous les cas, nous devrons travailler au sein du Parti Socialiste, en faire le parti de masse que nous appelons de nos voeux. Travailler, encore travailler, militer, toujours militer, et préparer la suite...

20 novembre 2008

Vote des militants pour le Premier Secrétaire du PS

prof de foi ségo.jpg

Chers camarades, chers amis,


Jeudi 20 novembre, nous allons élire notre premier secrétaire. Un premier secrétaire qui aura la lourde tâche de remettre notre parti au travail, de réaliser son unité qui a été fortement mise à mal ces derniers mois et de le rénover en profondeur pour qu'il soit enfin en phase avec les aspirations de nos concitoyens.


L'enjeu de cette élection – au-delà des personnes qui ont fait acte de candidature – est simple.


1° S'agit t-il d'élire un premier secrétaire qui va s'évertuer à conserver le mode de fonctionnement actuel du parti à l'heure où une large majorité d'entre nous aspirent au changement. Un changement au niveau des pratiques, de méthodes de travail, dans la façon de militer et de s'adresser aux Français?


2° S'agit-il d'élire un premier secrétaire qui va reconduire les mêmes responsables qui gouvernent le parti depuis des décennies et qui refusent obstinément d'assurer la relève générationnelle?


3° S'agit-il d'élire un premier secrétaire qui se satisfait d'un parti à 150.000 adhérents et qui n'est pas représentatif de la diversité sociale et de la France métissée? Un premier secrétaire qui considère que les adhérents à 20 euros dévalorisent le parti? Un premier secrétaire qui vérouille le parti en s'entourant de tous les apparatchiks et en écartant les militants des grands choix d'orientation et stratégiques du parti?


4° S'agit-il d'élire un premier secrétaire qui considère que le PS n'a pas vocation à être un parti populaire, ouvert aux sympathisants et aux acteurs sociaux (syndicats, associations, intellectuels, simples citoyens, mais un parti de notables et d'élites repliés sur eux-mêmes, se préoccupant uniquement de leurs carrières?


5° S'agit-il d'élire un premier secrétaire qui au nom des prétendues valeurs de gauche fera dans le politiquement correct en refusant de traiter des questions majeures comme la nation, la famille, l'autorité, la sécurité, l'immigration, l'intégration, la valeur-travail, la réussite individuelle qui sont des thèmes tout aussi légitimes que la liberté, l'égalité, la solidarité, la fraternité, la justice sociale, la répartition des richesses, la laïcité, etc.


6° S'agit-il d'élire un premier secrétaire qui va traiter en ''pestiférés'', en ''citoyens indignes'' les Français qui ne se reconnaissent plus dans le clivage gauche droite (et dont certains parfois viennent de notre propre famille politique), de les rejeter à tout jamais dans le camp de la droite au motif qu'ils ne veulent se positionner sur une ligne idéologique?

 

Du choix que vous allez faire va dépendre en partie l'avenir de notre parti que nous aimons tous. Il n'y a pas d'un côté ceux qui aimeraient plus le parti et de l'autre ceux qui l'aimeraient moins, car c'est bien de cela dont il est question. Il ne s'agit pas de transformer l'élection du futur premier secrétaire en un référendum pour ou contre l'un ou l'autre de nos camarades. En réponse à toutes les questions posées, je pense que Ségolène Royal est la mieux placée pour amener le Parti Socialiste vers un parti renouvelé, ancré à gauche, ouvert sur la société et prêt à combattre la politique de casse sociale de la droite au pouvoir.


Soyons, nous militants, à la hauteur du rendez-vous de jeudi et votons en notre âme et conscience pour un nouveau Parti socialiste. Jeudi 20 novembre, votons et élisons Ségolène Royal au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste.

19 novembre 2008

Petite histoire de premier secrétaire

Il y a eu parfois des duels. Mais dans l'histoire du Parti socialiste, depuis qu'il a pris, en 1969, la suite de la SFIO, c'est la première fois que plus de deux candidats vont se disputer le poste de premier secrétaire. Le vote des militants, jeudi 6 novembre, pèsera fortement sur les candidatures, selon qu'une motion se détachera ou non nettement en tête. Mais d'ores et déjà, il y a trois candidats déclarés à la succession de François Hollande : Bertrand Delanoë, le maire de Paris, Benoît Hamon, porte-parole de l'aile gauche, et Julien Dray, député de l'Essonne. Martine Aubry, la maire de Lille, est dans les starting-blocks. Et à défaut d'y aller elle-même, Ségolène Royal devrait laisser Vincent Peillon, député européen, défendre ses couleurs. Le scrutin aura lieu le 20 novembre, après le congrès de Reims, qui se déroulera du 14 au 16 novembre.

Mauroy.gif

Au congrès d'Alfortville, le 4 mai 1969, qui voit la création du nouveau Parti socialiste, Guy Mollet pousse Pierre Mauroy, ancien secrétaire général adjoint de la SFIO - parti dont il a prononcé la dissolution au congrès extraordinaire de Puteaux, en décembre 1968 -, à prendre les manettes. Il hérite du titre de "secrétaire à la coordination". Deux mois après, au congrès d'Issy-les-Moulineaux, du 11 au 13 juillet 1969, au lendemain de l'humiliante défaite de Gaston Defferre à l'élection présidentielle, Guy Mollet choisit Pierre Mauroy comme successeur à condition qu'il prenne un de ses proches comme numéro deux. Le refus du futur maire de Lille conduit Mollet à soutenir Alain Savary, qui n'était pourtant pas de ses amis. Battant d'une voix M. Mauroy, Alain Savary devient le premier secrétaire du nouveau PS, élu par le comité directeur composé à la proportionnelle des courants.

mitterrand.jpg

En près de quarante ans, les successions ne se sont pas toujours déroulées selon les scénarios écrits à l'avance. En juin 1971, au congrès refondateur d'Epinay, François Mitterrand rejoint le PS avec ses amis de la Convention des institutions républicaines. L'ancien ministre de la IVe République, regardé avec suspicion par certains socialistes, ne veut pas d'Alain Savary, derrière lequel il voit l'ombre de Guy Mollet, comme premier secrétaire. Il soutient la candidature de M. Mauroy. Plutôt partant, celui-ci se heurte au veto du maire de Lille, Augustin Laurent. Et Mitterrand, qui n'avait pas sa carte du PS en arrivant à Epinay, est élu premier secrétaire.

jospin.jpg

Réélu quatre fois, sans affronter de rival, François Mitterrand abandonne ce mandat de premier secrétaire - dont il ne voulait pas à l'origine - lors du congrès extraordinaire de Créteil, le 24 janvier 1981, qui le plébiscite comme candidat à l'élection présidentielle. Le député de la Nièvre propose comme successeur Lionel Jospin, alors de facto numéro deux, en précisant que sa tâche ne relève pas d'un "intérim". "C'est un homme capable de remplir les plus hautes fonctions", ajoute-t-il. Le comité directeur l'élit à l'unanimité. M. Jospin est réélu ensuite à chaque congrès, sans concurrent.

fabius.jpg

En mai 1988, après la réélection de Mitterrand, M. Jospin entre dans le gouvernement Rocard comme ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale. Pour lui succéder, le président de la République choisit son candidat : son ancien premier ministre Laurent Fabius. M. Jospin s'y oppose, jugeant préférable que le premier secrétaire n'ait pas d'ambition présidentielle... Une primaire est organisée au sein du courant majoritaire A-B (mitterrandiste-mauroyiste). Elle oppose M. Fabius à M. Mauroy. Pierre Joxe tente d'éviter l'affrontement en proposant la candidature de Louis Mermaz. Peine perdue. M. Mauroy l'emporte par 63 voix contre 54 à M. Fabius. Le candidat du président obtient la présidence de l'Assemblée nationale comme lot de consolation. Il tente de prendre sa revanche au congrès de Rennes, en mars 1990, mais échoue. La préparation de l'après-mitterrandisme s'ouvre sur fond d'exacerbation des querelles internes.

 

"SORTI DE SES DÉCHIREMENTS"

Après Rennes, M. Mauroy prépare sa succession. Le maire de Lille échafaude un scénario à tiroirs. Il propose à M. Fabius d'être premier secrétaire et lui demande en échange de soutenir Michel Rocard comme candidat "virtuel" à l'élection présidentielle de 1995. Cerise sur le gâteau, le "jospiniste" Henri Emmanuelli sera président de l'Assemblée nationale. Le 9 janvier 1992, le comité directeur élit à l'unanimité, moins 11 abstentions, M. Fabius. M. Jospin reste à l'écart de ce "fait acquis". M. Mauroy se réjouit de voir le PS "définitivement sorti de ses déchirements". Et M. Fabius assure à M. Rocard "combien pour les grandes élections à venir, il porte l'espoir des nôtres et plus largement celui de très nombreux Français, et qu'il peut compter sur (sa) loyauté".

rocard.jpg

La paix, ou plutôt la trêve armée, sera de courte durée. Au lendemain de la Berezina socialiste aux élections législatives de mars 1993, M. Fabius, mis en minorité au conseil national du 3 avril, est contraint de démissionner. M. Rocard devient "président de la direction nationale provisoire" du PS. Le premier secrétaire étant désormais élu par les congrès, c'est celui du Bourget, en octobre 1993, qui le plébiscite (80,91 %). "En troquant le statut de "candidat virtuel" contre celui de premier secrétaire, en prétendant cumuler les deux, il incitait au retour des antagonismes de Rennes", commentera M. Mauroy dans ses Mémoires (Plon, 2003).

emmanuelli.jpg

La valse des premiers secrétaires ne fait qu'une pause. Aux élections européennes de juin 1994, la liste conduite par M. Rocard n'obtient que 14,6 %. Malgré cet échec cuisant, l'ancien premier ministre essaie de sauver son poste. Lâché par les fabiusiens et une partie des jospinistes, il sollicite, le 19 juin, la confiance du conseil national. Le verdict est sans appel : 88 pour, 129 contre, 48 abstentions. M. Rocard est congédié. Fustigeant les "inconvenantes révolutions de palais", M. Jospin s'abstient et laisse ses amis se diviser sur le choix d'un nouveau premier secrétaire. Henri Emmanuelli bat Dominique Strauss-Kahn, par 140 voix contre 64. Le député des Landes est confirmé au congrès de Liévin, en novembre 1994, obtenant plus de 87 %.

Hollande.jpg

Après la présidentielle de 1995, M. Emmanuelli cède sa place à l'ex-candidat Jospin, auréolé par ses 47,3 %. Il fait voter par les militants l'élection du premier secrétaire au suffrage direct des adhérents et l'expérimente. Le 14 octobre 1995, il est élu (94,16 %). Premier ministre le 2 juin 1997, M. Jospin reste le patron du PS jusqu'au moment où le premier secrétaire délégué qu'il a choisi, M. Hollande, lui succède. Le 27 novembre, il obtient 91 %, contre 9 % à Jean-Luc Mélenchon, porte-parole de la Gauche socialiste. Pour ses trois réélections, M. Hollande sera candidat unique. Mais l'accession à la tête du PS a rarement été un long fleuve tranquille.

 

Article de Michel Noblecourt - Le Monde - 06/11/08

18 novembre 2008

Il se passe toujours quelque chose au PS !

La mauvaise manière faite à l'ex-candidate à la présidentielle mais aussi aux militants réunis à Reims ressemble à un outrage fait au débat démocratique : l'édito de Jacques GUYON (Charente Libre).


Ce week-end à Reims, les quatre têtes d'affiche du parti socialiste avaient pourtant déjà fait très fort pour transformer le congrès en une parodie de débats, en une désolante comédie du pouvoir, en un inextricable bal des ego. Mais on n'avait pas encore tout vu! Manquait à ce mauvais cinéma le coup de théâtre d'hier!

Voilà en effet que le maire de Paris a décidé de frapper les trois coups d'un nouvel épisode de la guerre des chefs. Hier, comme à la Samaritaine, Bertrand Delanoë nous a démontré qu'il se passe décidément toujours quelque chose au parti socialiste! Alors qu'à Reims le premier magistrat de la capitale avait joué la carte de magnanimité sacrificielle pour cacher des fractures entre son aile royaliste et son aile aubryste en annonçant qu'il laissait chaque militant libre de choisir jeudi entre les deux meilleures ennemies du parti, hier, brutal changement d'avis! Dimanche, il mettait sa propre candidature dans un «frigidaire» - équipement ménager décidément devenu un must ces temps-ci au PS - et annonçait ne pas choisir entre les trois concurrents toujours en lice. Un positionnement lui permettant de ne point insulter l'avenir. En clair, cette abstention lui permettait de ne pas obérer davantage encore ses chances de prendre le départ de la présidentielle 2012...

Et voilà qu'hier, il se range derrière Martine Aubry. Dimanche il appelait à sortir le parti du «poison présidentiel». Hier, il appelle à voter «massivement» pour le maire de Lille. Car voici qu'il découvre que c'est «l'identité même du parti qui est en cause»... Et voilà donc comment hier on a déchiré le voile, comment on a mis fin d'une façon aussi inattendue que tordue au grand bal des hypocrisies: le «TSS», le Tout sauf Ségolène, est donc relancé à plein! Car au-delà des circonlocutions autour de l'ancrage plus ou moins à gauche du parti et de ses rapports avec un Modem dont l'importance qu'il a prise dans les débats de Reims est inversement proportionnelle à son poids réel dans le pays, ce qui apparaît très clairement désormais, c'est le choix qu'auront à faire jeudi les militants: être pour ou contre Ségolène Royal.

Le brusque revirement de Delanoë - inspiré par Lionel Jospin, murmure-t-on... - peut-il arrêter Ségolène Royal? Rien n'est moins sûr. D'abord parce que la motion Delanoë est quasi coupée en deux. Ensuite parce que la mauvaise manière faite à l'ex-candidate à la présidentielle mais aussi aux militants réunis à Reims ressemble à un outrage fait au débat démocratique. Enfin et peut-être surtout parce que Ségolène Royale peut espérer capitaliser sur la victimisation, un registre qu'elle maîtrise avec talent.

17 novembre 2008

Et là, ils ont hué Jaurès...

logo-ps-coul.jpg

Petit retour sur le Congrès de Reims où j'étais ce week-end. D'abord, plusieurs sentiments mêlés :

* Impatience et stress en attendant le dénouement du week-end ;

* Impuissance et désrroi face aux sifflements qui ponctuaient les interventions et face à la tournure que prenaient les alliances au sein du Parti ;

* Injustie et découragement face aux flots de haine, aux divisions et à la non reconnaissance de la parole des militants.

 

La haine, j'en parle car elle était palpable. Il y avait beaucoup de mépris et de méchanceté dans le regard de ceux qui ont hué et sifflé notre candidate à la présidentielle, celle qui a récolté plus de 17 millions de voix, et qui ont hué les étoiles de Jaurès et la stratégie d'ouverture de Mitterrand à Epinay.

 

Nous avons assité à la bataille des chefs, des égos, des présidentiables... tout ce que vous voudrez, mais en résumé, les leaders ont favorisé les personnes aux idées. Rien ne séparait Bertrand Delanoë, ni même Martine Aubry, de la motion de Ségolène Royal. Ce n'est pas faute d'avoir tendu la main ! Elle est arrivée au Congrès avec des propositions de concensus, des avancées concrètes pour les motions A et D. Cependant, ces deux-là avait comme seul préalable l'existence de Ségolène Royal. Car, en effet, ce qui les gênait, ce n'était pas tant nos idées que la présence de Ségolène en tête des votes des militants. J'en veux pour preuve qu'ils n'ont présenté aucun amendement au texte présenté par la motion E.

 

Au fil des discours que nous avons entendus pendant les deux premiers jours, nous sentions les lignes bouger : les appels au rassemblement de la motion E, les critiques de la motion C envers la E, les opérations de charme de la D vers la C, la non position de la A... Beaucoup de discours de va et vient entre voisins pour au final, ne rien sortir !

 

Une motion E unie et prête face au choix des militants ;

Une motion C droite dans sa ligne politique ;

Une motion D soudée derrière Martine Aubry mais toute prête à donner carte blanche ni à Hamon, ni à Delanoë ;

Une motion A divisée entre les partisans d'un "Tout Sauf Ségolène" et les "lucides" qui refusent les alliances contre nature.

 

A ce propos, j'ai beaucoup apprécié les mots de Vincent Peillon qui a dit que Rocard était plus prohce de nos idées que de celle du syndicaliste Gérard Filoche !!

Je salue la position de Bertrand Delanöe qui n'a pas voulu contribuer à l'éparpillement en ne présentant pas de candidat. Mais n'aurait-il pas mieux fait de nous rallier pour former une majorité solide en accueillant aussi les strauss-khaniens de Martine Aubry ? Nous aurions ainsi créé un pôle réformiste en face d'une minorité plus révolutionnaire et radicale.

 

D'un point de vue plus personnel, j'ai été blessé par les sifflets essuyés par Ségolène Royal, comme je le note dans le journal télévisé de France 2 ce midi. Nous, nous avons été respectueux du choix des camarades. On peut être en désaccord sur le projet et respecter la personne qui le porte. Jamais nous n'avons hué Martine Aubry ou Benoit Hamon. Nous avons chahuté Martine sur ses alliances avec le modem à Lille (qu'elle n'a pas su expliquée, et ce n'est qu'une incohérence parmi tant d'autres !).

Je crois profondément que les éléphants ont peur des militants. Au contraire, j'ai confiance en eux... ils feront le bon choix jeudi prochain !

15 novembre 2008

Congrès du PS : mode d'emploi et programme

Selon un rituel établi, le congrès national du Parti socialiste s'ouvre vendredi en début d'après-midi. Les délégués seront accueillis par un discours de la maire de Reims, Adeline Hazan, et du premier secrétaire fédéral de la Marne, Jacques Meyer. Le congrès accueille les délégués élus par les congrès fédéraux qui se sont tenus le week-end dernier, les membres du conseil national sortant (le "parlement" du parti) et les parlementaires.

PS.jpg
Neuf heures de discours. Le congrès national commence véritablement avec les prises de parole des orateurs, réparties selon les résultats du vote des militants. Ce temps de parole est en effet proportionnel aux résultats obtenus par chaque motion lors du scrutin du 6 novembre. Selon un projet de déroulement du congrès, la motion Royal (E) aurait droit à 159 minutes, celle de Bertrand Delanoë (A) 136 minutes, de Martine Aubry (D) 133 minutes, et de Benoît Hamon (C) 102 minutes. Les petites motions disposent de 8 minutes pour le pôle écologique (B), et 6 minutes pour Utopia (F). Soit un total de neuf heures de discours.

 

Nuit des résolutions. Si les négociations n'ont pas abouti avant, le moment crucial se situe pendant la nuit de samedi à dimanche, lors de la fameuse "nuit des résolutions", où la "commission des résolutions" est chargée de trouver une synthèse entre les motions en concurrence. La synthèse peut se faire lors du congrès, entre les délégués de plusieurs ou de toutes les motions. Elle peut être générale ou partielle.

 

Vote sur le rapport de la commission. Le dimanche matin, les congressistes votent sur le rapport de la commission. Les membres du nouveau conseil national sont présentés et les candidatures au poste de premier secrétaire sont rendues publiques. Un discours du premier secrétaire termine en général le congrès, dimanche en milieu de journée.

 

Election du premier secrétaire. Quatre jours plus tard, le 20 novembre, les trois mille cinq cents sections du PS voteront simultanément à bulletins secrets pour élire le premier secrétaire, leur premier secrétaire fédéral et leur secrétaire de section. Vendredi a lieu un éventuel deuxième tour. Enfin, le samedi 22 novembre, est prévu le conseil national où sera désigné le bureau national et le secrétariat national.

14 novembre 2008

Le Parti Socialiste, comment ça marche ?

calendrier congrès nov2008.gif

Pyramide du PS.gif

06 novembre 2008

OK, il a gagné, mais maintenant ?

C’est vrai, ma façon de saluer la victoire de Barack Obama est « un peu courte » comme dirait un ami, fidèle lecteur. Même avec 96% des votes afro-américains, le nouveau président inaugure une vraie révolution sociale aux Etats Unis. Symbole dans le monde entier, il apporte au-delà des frontières nord-américaines, un espoir.

obama2.jpg

Les socialistes français se sont félicités de cette élection, face à un Mc Cain rétrograde et ultra-conservateur. Mais quid des propositions des démocrates. Bien souvent, nos adversaires français (UMP en premier) nous renvoient aux positions des démocrates américains (ou sociaux-démocrates européens), et on le voit bien aujourd’hui quand Sarkozy se dit être un proche ami du nouveau président.

 

Alors une question se pose. Doit-on, sous réserve qu’il est ultra-populaire et trans-partis en France, soutenir à fond Barack Obama ? Je réponds (malheureusement) non… J’ai soutenu sa candidature (bien qu’ayant au préalable préféré Hillary Clinton) et je me réjouis pour le monde et les USA de son élection. Mais pour les quatre années à venir…

 

Première bonne nouvelle, il est contre la discrimination positive sur critères raciales. C’est, entre parenthèses, une différence majeure avec Nicolas Sarkozy. Lui qui en a largement bénéficié refuse de choisir quelqu’un en fonction de sa couleur de peau. Bien entendu j’adhère aux discours de ce visionnaire, notamment ceux sur « la race en Amérique ». J’assume pour cela le discours que j’ai publié hier sur ce même blog.

Aujourd’hui, tout le monde applaudit mais qu’en sera-t-il demain lorsqu’il abordera les moyens de lutter contre la crise financière ? Adhèrera-t-il sans retenue au plan des européens ? Ne cherchera-t-il pas à protéger les américains en priorité ?

Et irons-nous le soutenir en Afghanistan ? Nous y sommes déjà, renforcerons-nous nos troupes là-bas ? Comment répondra-t-il à la réaction plus que mitigé de Moscou ? Apportera-t-il son soutien au plan diplomatique des européens vis-à-vis de sa « pompe à essence et à gaz » ?

royal 36.jpg

Excusez-moi de douter, après l’euphorie de ces derniers jours…. Non, je ne suis pas rabat-joie. Je vais voter pour la motion E, après on verra !

05 novembre 2008

Il ne suffit pas d’être noir, métisse ou d’une quelconque minorité visible pour n’avoir que des qualités !

Je vous livre ici un texte intéressant de Zohra BITAN ( Présidente fondatrice du webdo www.ma6tvachanger.fr ) avec son point de vue sur le "succès" d'Obama.

 

Zohra BITAN.jpg

Il ne suffit pas d’être noir, métisse ou d’une quelconque minorité visible pour n’avoir que des qualités !

 

En France, des sondages nous disent qu’Obama aurait le soutien de 82% des Français. C’est une bonne nouvelle pour notre pays, un progrès considérable pour ceux qui attendent encore d’être des citoyens tout court. Mais ne nous trompons, l’Amérique, c’est loin de chez nous, ce n’est pas chez nous et leur Président ne sera pas le nôtre.

Dans les 82%, voilà une bonne occasion pour un grand nombre, de se donner bonne conscience, de se convaincre de non racisme, de tolérance, d’ouverture d’esprit, d’être In en entrant enfin dans le 21ème siècle. Et de se dire : « Comment ? Moi raciste ? Jamais ! Je soutiens bien Obama, j’ai fait la fête pour Obama, je fais partie des fans clubs d’Obama, j’ai même mis sa photo sur mon blog, etc…

C’est gratuit, ça ne mange pas de pain et ça n’engage à rien.

Ce qui manque dans tout cela c’est le fond. Oui, au fond pourquoi tous ces Français soutiennent Obama et moi avec ?

Que savons-nous au juste de ce grand pays qu’on admire et qu’on déteste en même temps ?

Pas grand-chose ne ressort dans les conversations si ce n’est qu’Obama incarne le changement, la révolution des esprits, un pas de géant pour tous d’abord parce qu’il est noir, ou plutôt métisse et qu’il a gagné d’être candidat jusqu’ici car il n’est pas encore Président, rappelons le.

Du côté de la banlieue, c’est le même engouement mais pas tout à fait pour les mêmes raisons, même si dans les 82% bien sure, sont comptés tous les français ; banlieue comprise évidemment.

 

En banlieue, chez les jeunes, en particulier mais pas seulement, la ferveur du soutien se puise d’abord dans la ressemblance ; Obama est noir, c’est suffisant ; zéro défaut. Pas de réflexion, pas de tri, pas de fouille, pas de détail. Comme si tous ceux qui se plaignent sans cesse d’être discriminés sont incapables de regarder ou d’apprécier l’autre simplement pour ce qu’il est, pour ses actes, ses engagements et en dernier d’où il vient.

Ce qu’ils reprochent aux autres, c'est-à-dire la stigmatisation de prime abord, beaucoup l’appliquent eux aussi à d’autres qui ne leur « ressembleraient pas ». Je veux dire par là, l’autre qui serait qualifié de bourge, de cadre, de trop blanc etc.…

En fait, l’entre soi est plus fort que tout et règne partout.

 

Il nous faut apprendre de part et d’autre à porter des lunettes qui voient l’Autre comme une personne et non comme une appartenance à une origine, une classe sociale ou je ne sais quoi encore. Et c’est de chaque côté qu’il faut faire l’effort car sinon le problème de la discrimination restera éternelle, insoluble et continuera de diviser les citoyens et par conséquent tout un pays.

Fille d’immigrés algériens, je n’éprouve pas de proximité particulière avec une autre fille d’immigrés simplement parce qu’un bout de son histoire ressemble à la mienne. Ma vie croise des tas de différences que j’apprécie et qui m’ont permise d’empêcher toute étiquette liée à mon origine d’être collée à ma personne. La posture que l’on adopte prédispose bien souvent de la manière dont l’Autre nous voit. Je me suis appliquée cela et ça marche plutôt bien !

 

Obama est noir et on s’en fout ! S’il avait été un démocrate blanc, issu de la grande bourgeoisie américaine, je l’aurai soutenu tout autant. En France, ne fabriquons pas un symbole mais laissons émerger par le talent, les convictions, l'intelligence et l'intérêt pour notre pays, un ou une citoyenne que nous serons, je l'espère, 82% à soutenir. Et s'il ou elle est noir(e), arabe, issu(e) des imigrations successives, homos etc... ça ne changera rien ; seule les qualités de prédiser primeront.

Toutes les notes