31 octobre 2008

Obama peut-il perdre ?

Barack Obama aurait-il déjà gagner l’élection américaine ? C’est ce qu’on peut lire dans tous les médias depuis une semaine déjà. Or, qu’en est-il vraiment ? Dans une élection présidentielle, (a fortiori quand on est socialiste !!), il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer.

 

Aujourd’hui, 17 Etats semblent acquis pour Barack Obama, ce qui lui confère 211 grands électeurs. John Mc Cain, lui, remporterait la mise dans 19 Etats lui offrant seulement 143 grands électeurs.

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Le système américain est particulier. L’Election Day (le mardi qui suit le premier lundi du mois de novembre), les électeurs américains sont invités à voter pour des représentants censés ensuite élire leur Président. Le scrutin se fait au suffrage indirect et chacun des 50 Etats élit un nombre de grands électeurs égal au nombre de ses Représentants et Sénateurs, soit un nombre total de 538 grands électeurs. A l’origine, le nombre de représentants est proportionnel à la population, c’est ainsi que l’Etat de Californie, le plus peuplé, dispose de 55 votes, alors que les huit Etats les moins peuplés n’en ont que 3 chacun.

 

Ensuite, le système du « winner takes all » s’impose dans 48 Etats (le Maine et le Nebraska attribuent leurs représentants à la proportionnelles) : le candidat arrivant en tête rafle la totalité des grands électeurs. C’est pourquoi aujourd’hui, nous pouvons a priori compter l’avance de chaque candidat.

 

Ce système brouille un peu les pistes. Un candidat peut gagner l’élection en remportant seulement 12 Etats sur 50 (bien entendu les 12 plus peuplés). Dans l’absolu, le futur Président peut aussi avoir remporté moins de voix populaires que son concurrent perdant. Sur le total des 50 Etats, Al Gore avait récolté 550 000 voix de plus que Georges Bush, mais celui-ci avait gagné dans l’Etat-clef de Floride.

 

Alors, aujourd’hui, les prévisions minimales donnent 211 grands électeurs à Obama et 143 à John Mac Cain. A ceux-là, il faut ajouter ceux qui pourraient les rejoindre selon les derniers sondages. Obama pourrait avoir 53 représentants en plus et Mac Cain 20. Même avec cette avance, Obama ne gagnerait pas puisqu’il arriverait à 264 grands électeurs, à 5 voix de la majorité absolue. Cependant, il peut arriver à devancer les républicains dans les 8 Etats indécis envoyant 111 représentants au Congrès.

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Bien entendu, les démocrates ont une longueur d’avance… comme en 2000 et en 2004, où Georges W. Bush avait gagné sur le fil. Restons prudents, que feront les Américains dans l’isoloir ? Même si nous ressentons ici un vent favorable pour le Parti Démocrate, qu’en est-il aux Etats-Unis ? Et rappelons que l’élection se joue dans 50 Etats, autant de batailles à remporter…

29 octobre 2008

La position des Anciens

OUF ! On sait enfin pour qui se prononcent Lionel Jospin et Jacques Delors ! Le premier soutient Bertrand Delanöe et le second Martine Aubry. Etonnant non ? Adhérent à la section du XVIIIe Arrondissement de Paris, l’ancien premier ministre est ami de longue date du maire de Paris qui compte dans ses rangs de nombreux « jospinistes » (Hollande & Cie, Vaillant…). Le second, ancien Président de la Commission Européenne, est le père de Martine Aubry ! No coment.

Alors, excusez-moi, messieurs et mesdames les journalistes mais, où est le suspense… et surtout où est l’intérêt ?

Petite colère saine pour bien commencer la journée. Cela faisait longtemps que j’en avais envie et aujourd’hui je me lance. Prenons le regard d’un jeune en politique, disons au hasard, de 23 ans. Delors ? Probable candidat à l’élection présidentielle de 1995 (10 ans à l’époque !) et depuis ???? RIEN. Jospin ? Candidat malheureux en 2002 (pas encore majeur pour pouvoir voter) QUI A PRIS SA RETRAITE POLITIQUE. Et depuis ??? RIEN, sinon des petites phrases, des interventions visant à critiquer l’un ou l’autre, des positions d’aigri déversant sa probable expérience dans nos débats internes… A ce sujet, j’en arriverais même à louer Laurent Fabius (sic) qui, lui aussi, a perdu à plusieurs reprises mais a su rester dans l’action et dans le débat d’idée.

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Mais, QUI lui permet d’exister ? Les journalistes. S’il était considéré comme un simple militant (ce qu’il est redevenu), nous n’entendrions jamais parlé notre grand vainqueur de 1997. Entre parenthèses, quelqu’un pourrait-il me donner une définition de « Jospiniste » ? Un soutien de Lionel Jospin ? Nous l’avons tous été en 1997… mais depuis ? Cela me fait rire quand certains aujourd’hui se revendiquent du réformisme ou du renouveau quand on traîne derrière soi des « personnalités » qui ont régné sur le parti pendant une dizaine d’année sans réellement rien gagner et sans rien impulser dans notre mouvement… A bon entendeur !

 

Enfin, pendant qu’on est dans le rire, j’entendais sur I-Télé ce week-end, que Laurent Fabius appelait Benoît Hamon à rejoindre Martine Aubry, et dans le même temps Lionel Jospin affirmait que Delanöe et Aubry étaient « faits pour travailler ensemble ». Petit calcul : Hamon + Aubry + Delanöe = Tout Sauf Ségolène !! Et s’ils croient que c’est en pensant aux futures alliances et aux personnes à écarter qu’ils feront avancer les choses et qu’ils donneront de la crédibilité au PS, et bien bon courage !

24 octobre 2008

Pas d'échappé sur la route de Reims

Article de la Charente Libre - 24.10.2008


Réunion de tous les militants dimanche, vote le jeudi 6 entre les six motions en compétition: les socialistes préparent leur congrès de Reims. Tendances en Charente

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Les élus choisissent le tandem Ségolène Royal - Vincent Peillon à 35%; les militants optent pour la motion Benoît Hamon, la plus à gauche, à 33%; les quatre principales motions (Delanoë-Hollande, Aubry-Cambadélis, Hamon, Royal-Peillon) sont au coude à coude.

Il ne s'agit pas d'un sondage mais du résultat des intentions de vote de 52 socialistes qui comptent en Charente, les 34 principaux élus encartés et 18 militants en vue. Ce jeu de 52 cartes offre une première donne qu'il sera intéressant de comparer avec le vote de l'ensemble des militants le jeudi 6 novembre. Ils sont 982 recensés. Seuls ceux à jour de leur cotisation pourront voter, soit, espère la fédération charentaise, entre 600 et 700. Seront-ils en phase ou non avec leurs élus et leurs principaux cadres? La réponse sera édifiante.

Michel Boutant entre deux feux

Le premier d'entre eux, Michel Boutant, sénateur et président du conseil général, ne propose pas une ligne claire. Il est embarrassé et ne fera pas de prosélytisme. Il est coincé entre ses convictions strauss-kahniennes - mais Strauss-Kahn est ailleurs et ses partisans sont divisés - et les contraintes des proximités régionales. «Je penche pour Martine Aubry chez qui je retrouve l'essentiel de ce que j'attends», tranche-t-il, in fine. Pourtant son nom apparaît parmi les signataires de la motion Royal sur le site internet de l'ancienne candidate à la présidentielle. «On l'y a mis», s'excuse-t-il. Mais il n'a pas demandé à ce qu'on l'enlève.

Le PS est ainsi, une grande famille dans laquelle chacun, pour argumenter son vote, utilise plus souvent les mots «amitié, fidélité, affinité personnelle» que «conviction ou ligne politique». Sauf les plus à gauche qui votent Benoît Hamon. «C'est comme dans une négociation. Il faut pousser le curseur le plus loin possible, le plus à gauche, pour qu'il ne revienne pas trop au centre», résume Claude Burlier, maire et conseiller général de Chasseneuil, qui choisit Hamon. Comme Jacques Mikulovic, secrétaire de la section de Barbezieux: «C'est le bon compromis entre l'idéalisme et le pragmatisme.»

Parfois par enthousiasme souvent par défaut

La ligne Hamon peut compter sur des militants intransigeants sur l'ancrage à gauche, tels Alain Morange, Jean-Michel Nivet ou Pouria Amirshahi. Ce dernier, président de l'Union nationale des étudiants de France (Unef) dans les années quatre-vingt-dix, a débarqué en Charente voici quelques années. Il a de la surface et de l'exigence. «Il faut que le PS soit dans la réalité de son territoire.» En clair, pas un parti d'élus mais le parti des gens.

«Pour les idées, ce serait Benoît Hamon, soupire le député Jérôme Lambert, mais Bertrand est un vieil ami.» Il votera donc Delanoë. Comme Jean-Pierre Denieul et de nombreux élus voteront Ségolène Royal «par fidélité au combat engagé lors des régionales puis de la présidentielle».

Il y a parfois de l'enthousiasme. «Martine Aubry a la compétence et la capacité à prendre les rênes», insiste Didie Jilali, secrétaire de la section d'Angoulême. «J'aime la manière dont a été préparée la motion de Ségolène Royal et sa façon de faire de la politique», s'emballe le maire de La Couronne Jean-François Dauré.

 

Ivan DRAPEAU

22 octobre 2008

Pas de toit pour Boutin

Agréable surprise lundi soir au Sénat. Les sénateurs ont infligé un camouflet à la ministre du logement, Christine Boutin, en supprimant un article du projet de loi "de mobilisation pour le logement" qui assimile temporairement à du logement social certaines habitations acquises par des ménages de condition modeste. Le vote a été remporté à une écrasante majorité : 314 voix pour, 21 contre.

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Sa proposition revenait à modifier substantiellement la loi "Solidarité et renouvellement urbains" (SRU) qui impose aux grandes communes (730) d'atteindre le quota de 20 % logements sociaux en vingt ans. Pour les sénateurs UMP récalcitrants, le dispositif imaginé par Mme Boutin "bouleverserait" les règles qui cherchent à "répartir les logements locatifs sociaux de façon plus harmonieuse sur le territoire". Il a également fait valoir que de nombreux ménages, éligibles au logement social, n'avaient pas les ressources suffisantes pour devenir propriétaires.

 

Les jeunes préparateurs des Assises de la Jeunesse du Conseil Economique, Social et Environnemental ont fait des propositions concrètes. En voici quelques-unes :

 

Ø Dégager des moyens de financements dédiés à de nouvelles constructions :

Le groupe propose de favoriser la vente des logements sociaux à leurs locataires actuels, afin de dégager des moyens de financement qui seront expressément utilisées pour investir dans des constructions nouvelles de petites surfaces. Pour les jeunes locataires de logements sociaux, cette proposition devrait le cas échéant leur permettre d’accéder à la propriété et de se constituer un patrimoine.

 

Ø Mettre en place un service public national de l’habitat sous la forme d’un guichet unique :

L’objectif est de rendre effectif le droit au logement. Pour ce faire, un établissement public national chargé d’une mission de service public de l’habitat à l’échelon territorial pourrait être créé pour réguler l’offre et la demande. Cet établissement public prendrait la forme d’un guichet unique virtuel sur le plan national et d’une antenne unique regroupant tous les services du logement et de l’habitat au niveau local, et qui aurait pour missions de :

 

- Procéder à un diagnostic transparent et rendu public par les médias de la situation quantitative et qualitative du logement sur un territoire donné.

- Garantir équitablement une offre élargie de logements par :

> le pilotage de la construction des nouveaux logements et la réhabilitation des plus vétustes ;

> la création de nouveaux logements durables : démarche HQE, proximité des transports publics, des services publics, des commerces… ;

> la construction de nouvelles cités universitaires comprenant une offre de logements adaptés aux besoins des étudiants et la rénovation des vieilles cités sans augmentation de loyer.

 

- Adapter l’offre aux besoins et garantir la mixité sociale en :

> Accompagnant et fluidifiant les entrées et les sorties des logements d’urgence et sociaux afin de mieux répondre aux différentes étapes de la vie : étudiants, jeunes travailleurs, vie familiale, divorce… ;

> Procédant à l’évaluation continue des critères d’accès aux logements sociaux pour garantir notamment à l’habitat social son rôle de transition sociale.

 

- Evaluer régulièrement au niveau national l’efficacité et l’équité du dispositif (et réfléchir à la construction de nouveaux dispositifs de financements, de nouveaux mécanismes de solidarité entre les territoires (péréquation financière…)…


- Procéder au suivi des différents dispositifs pour un logement décent en :

> Luttant contre les « marchands de sommeil » c’est-à-dire ceux qui exploitent et profitent de certaines situations de faiblesse : identification et inscription dans un fichier national, sanction pénale… ;

 

- Mettre en place un plan contre le logement vacant par :

> L’optimisation des logements vacants publics et privés : transfert temporaire de l’usufruit de certains immeubles publics ou privés inoccupés depuis un certain temps et sous certaines conditions (encadrement juridique du transfert, démarche « gagnant-gagnant » pour le propriétaire et l’occupant…) ;

> Des mesures de publicité pour dresser un état des lieux national et local des logements vacants… ;

> Doublement de la taxe sur les logements vacants et application aux locaux professionnels publics et privés ;

> Application de la loi de réquisition de 1945.

 

- Imaginer de nouvelles formules d’accession à la propriété :

> Imaginer un dispositif du type « locataire-accédant » permettant au locataire de se constituer un patrimoine immobilier au prorata temporis de son occupation. Ce dispositif pourrait être mutualisé d’un point de vue financier par l’Etat, les collectivités territoriales, les systèmes coopératifs ou mutualistes… ;

> Redonner à la Caisse des dépôts et Consignation sa mission d’accompagnement à l’accession à la propriété pour les publics au pouvoir d’achat modeste

> Supprimer le système de la caution solidaire pour les primo accédants (étudiants, jeunes actifs, couples divorcés…).

 

- Améliorer les conditions d’accès à un logement :

> Le cautionnement solidaire (GRL) doit s’appliquer à tous et remplacer les cautions actuelles. De plus, pour ne pas être une simple garantie des loyers chers, cette mesure doit être conditionnée à un contrôle des loyers.

> Une limitation simple et claire des pièces justificatives qu’un bailleur peut demander à un candidat. Il doit être formellement interdit au bailleur d’outrepasser ses droits en exigeant plus de papiers que nécessaire.

21 octobre 2008

L'Etablissement Français du Sang

Aujourd'hui, coup de projecteur sur un établissement...

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L’EFS est un établissement public sous tutelle du Ministère de la Santé (de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative). Il est composé du siège national et de dix-sept établissements régionaux (14 en métropole et 3 dans les DOM-TOM).

 

88% des personnes interrogées se disent prêtes à donner leur sang alors que 34% seulement pensent le faire dans les six mois suivant. Les études (CREDOC ; CERPHI) montrent que les jeunes (18-25 ans) sont généreux mais ils ne donnent leur sang qu’une seule fois. La fidélisation vient avec l’âge (50-65 ans).

 

Or, aujourd’hui, les besoins en produits sanguins augmentent (+4% en 207, déjà +4,5% pour les quatre premiers mois de 2008) et les dons stagnent. Il est important de rappeler plusieurs choses :

les besoins sont constants sur toute l’année ;

le sang peut être conservé 42 jours ;

il ne faut pas être à jeun pour donner ;

le don est gratuit ;

il ne faut pas avoir eu plusieurs partenaires au cours des trois derniers mois…

 

Je vous invite donc à visiter le site de l’EFS (et celui dédié aux jeunes). Dorénavant, nous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas... alors je vous engage à donner régulièrement votre sang pour sauver des vies.

18 octobre 2008

2èmes Assises de la Jeunesse

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Vous avez suivi mon engagement au Conseil Economique, Social et Environnemental. Vendredi 17 octobre, c'est l'aboutissement de près de deux ans d'engagement avec les 2èmes Assises de la Jeunesse au Palais d'Iéna.

 

Les Assises, ce sont plus de 80 jeunes qui ont réfléchi, débattu et fait des propositions depuis janvier 2007. Ce sont aussi des personnes ressources qualifiées pour intervenir lors de nos débats et apporter une autre vision. Cette vision d'expert, jamais autoritaire, nous a permis d'avancer et de faire des propositions concrètes dans des domaines particuliers tels que le logement ou l'emploi des jeunes.

 

Pour aller plus loin, je vous livre quelques-unes des propositions faites dans le cadre des groupes de travail :

> Réformer le système d'orientation par la mise en place d'un service unique ;

> Créer un "chèque-formation" inversmeent proportionnel au nombre d'années d'études réalisées ;

> Associer les entreprises au cursus de formation ;

> Mettre en place un suivi pour les élèves mineurs sortant du système scolaire sans qualification ;

> Favoriser l'accès à la vie active par la possibilité de créer une entreprise...

 

> Développer l’hébergement contre services ;

> Faire de la politique des transports un complément de la politique du logement ;

> Promouvoir tous les systèmes de cautionnement garantis par l'Etat ;

> Mettre en place un "Service public national de l'habitat" sous la forme d'un guichet unique pour rendre effectif le droit au logement...

 

Après les temps d'échange et de débat, vous verrez que nous allons sur la place du Trocadero apporter notre soutien à la Journée Mondiale de Refus de la Misère. A cette occasion, nous lirons une déclaration au nom des Assises de la Jeunesse. Belle journée remplie d'espoir, de volonté et de fraternité. Rendez-vous aux prochaines assises ! En attendant, je vous invite à suivre régulièrement les parutions sur le blog des 2èmes Assises de la Jeunesse.

13 octobre 2008

Le musée du papier d'Angoulême

 

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Histoire du lieu :

Dès l’origine de la ville, le site où est aujourd’hui installé le Musée du Papier a été un centre d’intense activité économique et culturelle.


Du VIe au XVIIIe siècle l’abbaye de Saint-Cybard a fait de ce lieu un centre intellectuel religieux ; ville au pied de la ville, elle y a aussi suscité les premières implantations économiques, notamment les premiers moulins. À la Révolution, l’abbaye est vendue et parcellisée, et dès 1792 s’amorce la révolution industrielle ; ce quartier devient l’un des plus importants centres manufacturiers de la ville d’Angoulême. Les papeteries, les imprimeries, les tréfileries, les fonderies, les brasseries… viennent s’implanter sur ce site favorable à leur installation. Ces industries et la population ouvrière vont insuffler pendant un siècle un dynamisme remarquable à ce faubourg. Après un long déclin, le dernier quart du XXe siècle y voit la disparition de toute activité industrielle.


Lieu névralgique de la ville, ce site retrouve aujourd’hui son dynamisme dans la valorisation de son patrimoine et dans la formation et le développement culturel : sites industriels réhabilités, musées, écoles liées à l’image et aux nouvelles technologies. La création du pôle de l’Image (Magelis) favorise ces implantations.


papier.jpgLe Musée du Papier est installé depuis 1988 dans les anciennes papeteries Lacroix (1830-1910) devenues papeteries Joseph-Bardou « Le Nil » (1918-1972), il pérennise la mémoire industrielle et ouvrière du lieu. L’ensemble immobilier a été rénové entre 1983 et 1987 par les équipes des architectes Reichen et Robert ainsi que Fougeras-La-Vergnolle et Culman. Les bâtiments du musée sont construits sur le fleuve et forment un pont, allant de la rue de Bordeaux jusqu’à l’île de Saint-Cybard. Dans les salles du "rez-de-Charente" les coursiers, les vannes et une roue à aubes témoignent encore de l’utilisation de l’eau pour l’énergie hydraulique.

 

 

Les collections :

Constituées à partir d’un fonds acquis par le musée municipal en 1970 auprès de l’érudit et papetier Henri Lacombe, les collections du musée se sont étoffées de dons et d’achats dès 1986. Elles forment un ensemble cohérent de témoignages matériels de l’industrie papetière dans différents domaines :

  • la fabrication du papier (formes à papier, matériel de laboratoire, cylindres filigraneurs, toile métallique) ;
  • les produits finis (échantillons de papier, filigranés ou non du 18e au 20e siècles) ;
  • les produits manufacturés (boîtes de correspondance, emballages carton, packaging etc)

papier2.jpgParmi les « spécialités », on relèvera une importante collection sur le papier à cigarettes dont les premiers documents remontent à 1845 (papeteries Bardou – Le Nil) ; elle comporte de nombreux éléments : cahiers, publicités (affiches, calendriers et objets divers) et petit matériel de fabrication.

En complément des collections, le musée abrite un abondant fonds documentaire constitué d’ouvrages anciens et récents sur l’histoire du papier et de la papeterie ainsi que des revues, des échantillons, des photographies et des documents vidéos qui complètent l’ensemble.

03 octobre 2008

Molière à Angoulême

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Molière ne dédaignait pas la farce, ses bastonnades et ses intrigues élémentaires jouées par des acteurs enfarinés sur des tréteaux de fortune. Son esprit imprègne, à travers valets et servantes notamment, la plupart de ses pièces. En 1645 et 1646, alors qu’il fuit ses créanciers, courant villes et villages avec L’Illustre Théâtre, de Poitiers à Carcassonne, de Pézenas à Bordeaux, d’Agen à Montpellier, il écrit ses premières comédies, Le Médecin volant et La Jalousie du Barbouillé. De retour à Paris, il représente avec succès en 1659 Les Précieuses ridicules. Six mois plus tard, en mai 1660, il donne Sganarelle ou le Cocu imaginaire, une solide farce en un acte et en vers. L’École des maris, enfin, est représentée au Palais-Royal le 24 juin 1661.

 

Christian Schiaretti, directeur du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, a eu l’idée de mettre en scène cinq comédies de Molière, de la farce la plus pure à la pièce plus élaborée : La Jalousie du Barbouillé, Le Médecin volant, Sganarelle, L’École des maris, Les Précieuses ridicules.

 

Incarnés sur le plateau par une excellente troupe de jeunes acteurs énergiques et joyeux, les maris cocufiés, les amants enguirlandés et les cocottes ridicules se bousculent dans de grands bruissements de robes en taffetas et de chemises à jabot. Molière n’y va pas de main morte pour railler la société de son temps et ses coups de griffes acérées n’ont rien perdu de leur pertinence. De la scène installée sur des tréteaux, tout est à vue. Les comédiens passent d’une comédie à l’autre avec une aisance confondante.

 

Magnifique soirée, pleine de rires et de soubresauts, qui nous a transporté du XVIIe siècle au XXIe siècle grâce aux clins d’œil, parfois surprenants, de pièces toujours aussi agréables à regarder.

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